Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2405882
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2405882 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mai 2024, M. B A, représenté par
Me Fatou, demande au juge des référés de sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner à la préfète de Val-de-Marne la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour de six mois en attente de l'instruction du dossier ;
2°) d'ordonner à la préfète de lui délivrer un récépissé, dans le délai de huit jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de condamner l'administration à verser à son conseil la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de la justice administrative au titre des frais exposés pour sa défense.
Il soutient que, de nationalité algérienne, il séjourne régulièrement en France depuis 1993, qu'il est titulaire d'un certificat de résidence algérien, qu'il a eu à la suite de son rendez-vous pour le renouvellement de son certificat le 16 octobre 2023 un récépissé valable jusqu'au
15 avril 2024, qu'il a sollicité le renouvellement de son récépissé sans avoir de réponse de la préfète du Val-de-Marne, que la condition d'urgence est satisfaite en raison de son maintien en situation irrégulière car il court un risque certain de perdre son emploi son contrat de travail étant suspendu ce qui le place dans une situation de précarité et que la mesure sollicitée est utile du fait des dysfonctionnements des services de la préfecture et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 25 octobre 1975 à Sétif, entré en France en 1993, marié à une ressortissante française, était titulaire, en dernier lieu, d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale ", délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 11 janvier 2023. Il en a sollicité le renouvellement de ce certificat de résidence algérien et un récépissé lui a été délivré par la préfecture du Val-de-Marne valable jusqu'au
15 avril 2024, qui n'a pas été renouvelé. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour de six mois en attente de l'instruction du dossier.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".
3. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
4. Outre qu'il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à une autorité administrative de renouveler un récépissé de demande de titre de séjour, quand bien même ce renouvellement serait de plein droit, l'absence de renouvellement du récépissé de M. A au-delà du 25 juillet 2024, qui n'est contestée par aucune des parties dans la présente instance, ne peut que révéler l'existence, à cette date, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande de titre de séjour présentée par la requérante.
6. Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.
7. Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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