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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406163

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406163

lundi 15 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406163
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLESAGE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. B d’une requête en excès de pouvoir visant à contester le rejet implicite de sa demande de réaffectation de 3 points sur son permis de conduire, retirés suite à une infraction routière de 2020. En défense, le ministre de l’Intérieur a indiqué que les points litigieux avaient été restitués à l’intéressé. Faute pour le requérant d’avoir confirmé le maintien de ses conclusions après une demande en ce sens, le tribunal a constaté un désistement d’office en application des articles R. 612-5-1 et R. 611-8-6 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 mai 2024 sous le n° 2406163, M. A B, représenté par Me Lesage, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision née le 23 avril 2024 par laquelle le ministre de l'Intérieur a implicitement rejeté son recours réceptionné le 23 février 2024 tendant à lui réaffecter sur son permis de conduire les 3 points retirés suite à l'infraction du 29 avril 2020 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer 3 points sur son permis de conduire ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2024, le ministre de l'Intérieur conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation et d'injonction, et au rejet du surplus des conclusions de la requête en faisant valoir que les mentions afférentes à l'infraction du 29 avril 2020 ont été retirées du dossier de M. B qui a donc récupéré les 3 points qui lui avaient retirés suite à cette infraction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de formation de jugement des tribunaux peuvent, par ordonnance : " 1' Donner acte des désistements ". Aux termes de l'article R. 612-5-1 du même code " Lorsque l'état du dossier permet de s'interroger sur l'intérêt que la requête conserve pour son auteur, le président de la formation de jugement () peut inviter le requérant à confirmer expressément le maintien de ses conclusions. La demande qui lui est adressée mentionne que, à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration du délai fixé, qui ne peut être inférieur à un mois, il sera réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions. "

2. De plus, l'article R. 611-8-2 du code de justice administrative dispose que : " Toute juridiction peut adresser par le moyen de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1, à une partie ou à un mandataire qui y est inscrit, toutes les communications et notifications prévues par le présent livre pour tout dossier () ". Enfin, aux termes de l'article R. 611-8-6 du même code : " Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai () ".

3. Il résulte de l'instruction que M. A B, né le 13 octobre 1987, s'est vu retirer 3 points suite à l'infraction routière relevée le 29 avril 2020. Par recours dont il a été accusé réception le 23 février 2024, M. B a sollicité du ministre de l'Intérieur la restitution de ces 3 points. Le silence gardé pendant deux mois sur ce recours a fait naître une décision implicite de rejet dont M. B demande, par la requête susvisée, l'annulation.

4. Il résulte du mémoire en défense du 16 septembre 2024 du ministre de l'Intérieur que les mentions relatives à l'infraction du 29 avril 2020 ont été supprimées du relevé d'information intégral (R2I) afférent au permis de conduire de M. B, et que les 3 points retirés suite à cette infraction lui ont donc été restitués. Au vu de l'absence d'intérêt de sa requête, le conseil de M. B, Me Lesage, s'est vu adresser via l'application Télérecours le 17 septembre 2024 par le greffe de la 4ème chambre du tribunal administratif de Melun, un courrier de demande de maintien de sa requête. Ce courrier l'informait qu'à défaut de réception de cette confirmation à l'expiration d'un délai d'un mois, le requérant serait réputé s'être désisté de l'ensemble de ses conclusions. Me Lesage n'a pas consulté cette mesure d'instruction, aucun accusé de réception n'ayant été délivré par l'application informatique. Conformément aux dispositions de l'article R. 611-8-6 du code de justice administrative, le conseil de M. B doit donc être réputé avoir reçu cette mesure d'instruction dans le délai de deux jours ouvrés à compter du 17 septembre 2024, date de mise à disposition du document dans l'application Télérecours. M. B n'a pas, à l'expiration du délai qui lui était imparti, confirmé le maintien de ses conclusions. Par suite, il doit être regardé comme s'étant désisté de l'ensemble des conclusions de sa requête. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement d'office de la requête de M. B.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'Intérieur.

Fait à Melun le 15 septembre 2025.

Le président

C. Freydefont

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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