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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2406713

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406713

jeudi 19 juin 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406713
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation12ème chambre, éloignement

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, ressortissant mauritanien, qui contestait l'arrêté du préfet de l'Oise du 6 mai 2024 lui refusant le séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a jugé que le droit de l'intéressé à se maintenir en France avait cessé à la suite du rejet de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile, et que le préfet n'avait pas commis d'erreur de droit en examinant ses attaches familiales. Il a également estimé que la mesure d'éloignement ne portait pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. La solution retenue est fondée sur les articles L. 542-1 et L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 mai 2024, M. A B, représenté par le cabinet Aequae Avocat, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 6 mai 2024 par lequel le préfet de l'Oise lui a refusé le séjour au titre de l'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la preuve de la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile n'est pas apportée de sorte que le préfet ne démontre pas que son droit à se maintenir en France aurait cessé ;

- le préfet a commis une erreur de droit en considérant qu'il devait justifier de la nécessité de sa présence auprès de ses attaches familiales en France ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2024, le préfet de l'Oise conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique du 5 juin 2025, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Il ressort des pièces du dossier que M. B, ressortissant mauritanien, serait entré en France le 27 février 2023. Il a présenté une demande d'asile le 25 mai 2023, qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 21 juillet 2023, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 9 avril 2024. Par un arrêté du 6 mai 2024, le préfet de l'Oise a fait obligation à M. B de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de ces décisions.

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment des mentions figurant sur le relevé de la base de données " TelemOfpra ", produit en défense, qui font foi jusqu'à preuve du contraire en vertu des dispositions de l'article R. 532-57 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le recours formé le 26 septembre 2023 par M. B devant la Cour nationale du droit d'asile, contre la décision du 8 juillet 2023 par laquelle l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile, a été rejeté par une décision prise en audience publique du 9 avril 2024 notifiée le 17 avril 2024. Il s'ensuit qu'en vertu des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le droit du requérant de se maintenir sur le territoire français a pris fin le 9 avril 2024, avant l'édiction de l'arrêté contesté, quelle que soit la date de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile, qui au demeurant est intervenue avant l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'absence de preuve de notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile et de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le préfet de l'Oise a pu, sans commettre d'erreur de droit, prendre en considération, parmi les éléments permettant d'apprécier l'intensité des liens familiaux du requérant en France, la circonstance que sa présence auprès des membres de sa famille ne revêtait pas un caractère indispensable.

4. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France seulement un an avant l'arrêté contesté, à l'âge de vingt-quatre ans. Il n'apporte aucune précision sur ses conditions de séjour sur le territoire français et ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle. S'il fait valoir que son père réside en France sous couvert d'une carte de résident valide jusqu'au 9 décembre 2031 en qualité de réfugié politique, il ne l'établit pas. Il n'apporte aucun élément de nature à établir le caractère stable et intense du séjour des autres membres de sa famille en France, et dont il ne précise au demeurant pas le lien de parenté. Il n'établit ni même allègue qu'il serait dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine. Il ne fait état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce qu'il puisse quitter le territoire français. Dans ces conditions, les moyens tirés de ce que le préfet de l'Oise aurait commis une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle du requérant et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peuvent qu'être écartés.

5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté litigieux doivent être rejetées.

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juin 2025.

La présidente,

Signé : C. C

La greffière,

Signé : C. Mahieu La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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