Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2406894

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2406894
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative par une ressortissante congolaise demandant la délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. En cours d’instance, la préfète du Val-de-Marne lui a délivré cette attestation, valable jusqu’au 5 septembre 2024. La requérante s’est désistée de ses conclusions principales, désistement dont le tribunal lui a donné acte. L’État a été condamné à lui verser 1 500 euros au titre des frais de justice, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juin 2024, Mme A C épouse B, représentée par Me Chauvin-Hameau-Madeira, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) à titre principal, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction avec maintien des droits associés à un séjour régulier et d'une autorisation de travail, dans le délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) à titre subsidiaire, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut plus justifier de la régularité de son séjour, ni de son autorisation de travail, alors même qu'elle réside en France avec son époux et ses deux enfants de nationalité française ;

- son contrat de travail risque d'être suspendu ;

- la caisse d'allocations familiales a sollicité la production d'un titre de séjour valide ;

- la mesure sollicitée est utile et ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que dans l'attente de production de documents justifiant de la communauté de vie de la requérante, une attestation de prolongation d'instruction a été délivrée à Mme C, valable jusqu'au 5 septembre 2024.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 24 juin 2024, Mme C épouse B déclare se désister de ses conclusions principales et maintenir sa demande présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. Mme C épouse B, ressortissante congolaise née le 6 juillet 1992 à Kinshasa (République démocratique du Congo), titulaire d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 6 mars 2024, a présenté le

8 février 2024 une demande de renouvellement de son titre via la plateforme " Administration Numérique pour les Etrangers en France " (ANEF). Mme C épouse B demande qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction.

3. Toutefois, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète du

Val-de-Marne a rendu Mme C épouse B destinataire d'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 5 septembre 2024. En maintenant en dernier lieu ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, Mme C épouse B doit être entendue comme se désistant de ses conclusions principales. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais de justice :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par Mme C épouse B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat versera à Mme C épouse B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,