Le Tribunal administratif de Melun statue par ordonnance sur une requête en excès de pouvoir concernant le refus implicite de délivrer un récépissé de renouvellement de titre de séjour. Le requérant ayant partiellement désisté de ses conclusions principales après avoir obtenu une attestation de prolongation d'instruction, le tribunal donne acte de ce désistement. Il condamne l'État à verser au requérant la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative pour les frais exposés.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juin 2024, M. B... A..., représenté par Me Sangue, demande au tribunal :
1°) d’annuler les décisions par lesquelles le préfet du Val-de-Marne a implicitement refusé de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour et de renouveler l’attestation de prolongation d’instruction ;
2°) d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne, à titre principal, de lui délivrer un récépissé ou une attestation de prolongation d’instruction avec autorisation de travail, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative, dans les mêmes conditions de délai et d’astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée au préfet du Val-de-Marne, qui n’a pas produit de mémoire en défense mais un extrait de fichier national des étrangers, communiqué à M. A..., qui établit qu’une attestation de prolongation d’instruction, valable du 24 juin au 23 septembre 2024, lui a été remise le 24 juin 2024.
Par une lettre du 3 septembre 2025, la présidente de la 9ème chambre a invité Me Sangue, conseil de M. A..., en application de l’article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer expressément le maintien de ses conclusions dans le délai d’un mois.
Par un mémoire, enregistré le 4 septembre 2025, M. A..., représenté par Me Sangue, informe le tribunal qu’il maintient sa demande au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 1( donner acte des désistements ; / (...) ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / (…) ».
2. Par un mémoire, enregistré le 4 septembre 2025, M. A..., qui, par la voie de son conseil, informe le tribunal qu’il maintient ses conclusions tendant à l’application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être regardé comme s’étant désisté de ses conclusions à fin d’annulation, d’injonction et d’astreinte. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d’annulation, d’injonction et d’astreinte de la requête de M. A....
Article 2 : L’Etat versera à M. A... une somme de 800 (huit cents) euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l’intérieur.
Fait à Melun, le 27 février 2026.
La présidente de la 9ème chambre,
S. BONNEAU-MATHELOT
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,