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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2407292

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407292

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407292
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantMEUROU

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a annulé le refus de délivrance d'un certificat de résidence à un ressortissant algérien. La juridiction a retenu que la décision préfectorale était insuffisamment motivée, méconnaissant ainsi les exigences de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le tribunal a enjoint à l'administration de réexaminer la situation du requérant dans un délai de deux mois.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 juin, le 28 juin et le 13 novembre 2024, M. B... A..., représenté par Me Meurou, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 3 avril 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale » ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, à titre principal, de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention « vie privée et familiale » dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, le tout sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la décision contestée :
- n’a pas été signée par une autorité compétente ;
- est insuffisamment motivée ;
- a été prise au terme d’une procédure irrégulière dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être préalablement saisie ;
- est entachée d’une erreur de droit ;
- est entachée d’une erreur dans la matérialité des faits ;
- est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation au regard de sa situation personnelle et familiale ;
- méconnaît les stipulations de l’article 3 paragraphe 1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- méconnaît les stipulations du 5° de l’article 6 de l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, qui n’a pas produit de mémoire en défense.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
- la convention relative aux droits de l’enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié relatif à la circulation, à l’emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Le rapport de Mme Marine Robin, conseillère, a été entendu au cours de l’audience publique.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Marine Robin, conseillère,
- et les observations de Me Essaadi, avocate de M. A....


Considérant ce qui suit :

M. B... A..., ressortissant algérien, a sollicité la délivrance d’un certificat de résidence algérien. Il demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 3 avril 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a rejeté sa demande.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 211-2 du code des relations entre le public et l’administration : « Les personnes physiques et morales ont le droit d’être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l’exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (…) ». Aux termes de l’article L. 211-5 du même code : « La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ».

Il ressort des termes de la décision du 3 avril 2024 que la préfète du Val-de-Marne a pris sa décision « au regard de la réglementation en vigueur », sans plus de précision. Dès lors que cette mention n’est pas suffisante pour permettre à M. A... de comprendre les considérations de droit qui fondent la décision attaquée, celui-ci est fondé à soutenir qu’elle est insuffisamment motivée en droit au regard des exigences de l’article L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A... est fondé à demander l’annulation de la décision portant refus de titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement n’implique pas nécessairement, eu égard au motif d’annulation sur lequel il repose, que l’administration prenne une nouvelle décision dans un sens déterminé. Il y a seulement lieu d’enjoindre au préfet du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet compétent, de statuer à nouveau sur la situation de l’intéressé dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, en application des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.




D E C I D E :


Article 1er : La décision de la préfète du Val-de-Marne du 3 avril 2024 est annulée.


Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-de-Marne, ou à tout autre préfet territorialement compétent, de procéder au réexamen de la situation de M. A... dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.


Article 3 : L’Etat versera à M. A... une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.







Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Val-de-Marne.


Copie en sera transmise au ministre de l’intérieur.


Délibéré après l'audience du 23 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Rémy Combes, président,
Mme Marine Robin, conseillère,
M. Tom Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2026.


La rapporteure,





M. Robin





Le président,





R. CombesLa greffière,





N. Louisin

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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