Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407443

mercredi 27 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407443
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A B. Celle-ci demandait d’enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de traiter sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction. Le juge estime que la demande est dépourvue d’utilité, car la demande de titre de séjour a fait l’objet d’une décision implicite de rejet en application des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. En outre, la délivrance d’une attestation ferait obstacle à l’exécution de cette décision implicite. La requête est donc rejetée, y compris les conclusions au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juin 2024, Mme C A B, représentée par Me Hervet, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de traiter sa demande de renouvellement de son titre de séjour dans les meilleurs délais et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a été mise en possession d'un titre de séjour portant la mention " membre de famille d'un citoyen de l'Union/EEE/ Suisse " valable du 9 avril 2019 au 8 avril 2024 ; elle s'est mariée le 17 août 2018 au Portugal avec un ressortissant de nationalité portugaise, qui travaille en France depuis le 5 décembre 2022 ; elle détient une promesse d'embauche pour un poste de conseillère réservation avec une date de début au 22 juin 2024 ; le 21 décembre 2023, elle a renouvelé sa demande de titre de séjour sur l'ANEF ; depuis cette date et malgré plusieurs relances, elle demeure dans l'attente d'un retour par les services préfectoraux ; cette situation impacte sa vie privée et familiale et son activité professionnelle ;

- sa requête est recevable ;

- la situation d'urgence est établie, dès lors qu'elle est dépourvue d'attestation de prolongation d'instruction l'autorisant à séjourner légalement en France et se trouve en situation irrégulière et d'insécurité juridique ; son titre de séjour est expiré depuis le 8 avril 2024 ce qui altère sa liberté de déplacement, sa vie privée et familiale ainsi que sa situation professionnelle ;

- la mesure est utile, l'examen de sa situation par l'autorité préfectorale est méconnu ;

- le droit au respect de sa vie privée et familiale est manifestement atteint ; l'inaction administrative la place dans une situation précaire et la prive de sa liberté de circulation ;

- sa situation administrative a des répercussions directes sur ses conditions de travail et met en péril son emploi, elle est menacée de perdre une opportunité professionnelle importante ;

- il n'est pas fait obstacle à l'exécution d'une décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

4. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme A B a déposé " avec succès ", le 21 décembre 2023 sur l'ANEF, sa demande de renouvellement de son titre de séjour dont elle est titulaire, qui expirait le 8 avril 2024, ainsi qu'il résulte de l'attestation de confirmation du dépôt d'une demande de titre de renouvellement de séjour versée au dossier. A supposer même, ce qui n'est pas établi, que ce dossier ait été complet, condition qui subordonne le droit d'un ressortissant étranger de se voir délivrer une attestation de prolongation d'instruction en vertu de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, cette demande doit, en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande, être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois à compter de son dépôt, délai qui était en l'espèce expiré à la date d'enregistrement de la requête. Par suite, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint à l'autorité préfectorale de traiter la demande de titre de séjour de Mme A B ne revêt le caractère d'aucune utilité et la demande de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction est de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision implicite de rejet de la demande de renouvellement de titre de séjour de l'intéressée. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A B doivent en conséquence être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que A B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

Fait à Melun, le 27 novembre 2024.

La juge des référés,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,