Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407444
mercredi 27 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407444 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 juin 2024 et un mémoire enregistré le 22 septembre 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui adresser dans les deux jours un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou un récépissé ou document attestant la régularité de son séjour et lui permettant de voyager.
Elle soutient que :
- elle est mariée avec un ressortissant français et est entrée en France munie d'un visa de type C portant la mention " famille de français " le 24 septembre 2023 ; elle a transmis son dossier de demande d'un premier titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale sur le site dédié de l'ANEF ; une attestation de dépôt lui a été livrée ; elle a été convoquée pour la prise de ses empreinte le 8 février 2024 ; elle a reçu une attestation de prolongation d'instruction le 19 mars 2024, valable jusqu'au 18 juin 2024 ; une demande de complément de dossier lui a été adressée le 19 mars 2024 à laquelle elle a répondu le jour suivant ; depuis lors son dossier n'a pas été traité en dépit de ses relances ;
- elle se trouve dans une situation d'urgence, eu égard au délai déraisonnable de traitement de son dossier qui porte atteinte à son droit à travailler et d'aller et venir ; elle attend un enfant qui doit naître début novembre ;
- la mesure sollicitée est utile au regard des dysfonctionnements auxquels elle se heurte.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer subsidiairement au rejet de la requête, en faisant valoir qu'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 19 septembre 2024 a été délivrée à la requérante le 20 juin 2024 sur son espace personnel, ce qui fait en tout état de cause obstacle à ce que la condition d'urgence soit regardée comme étant remplie.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. En vertu des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dont il résulte qu'il ne peut ordonner que des mesures provisoires, le juge des référés ne saurait enjoindre à l'autorité préfectorale de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par Mme A ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.
3. Il résulte de l'instruction que Mme A a pu effectivement présenter sa demande d'admission au séjour le 29 septembre 2023. Elle s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction le 19 mars 2024, ce qui laisse présumer que son dossier était complet à cette date. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois suivant cette dernière date. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé ou de renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction détenue par la requérante est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent en conséquence être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise au préfet du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 27 novembre 2024.
La juge des référés,
C. LEDAMOISEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618596
01/09/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618522
01/09/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2604282
01/09/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2503670
01/09/2026