Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407543

mercredi 27 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407543
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance sous astreinte d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que la demande de titre de séjour de l'intéressée, déposée le 23 novembre 2023, avait fait l'objet d'une décision implicite de rejet à l'expiration du délai de quatre mois prévu par les articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la délivrance d'un récépissé ferait obstacle à l'exécution de cette décision implicite, rendant la mesure demandée non utile. La requête a donc été rejetée, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 20 juin 2024, Mme B A, représentée par Me Chauvin-Hameau-Madeira, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle est régulièrement entrée en France en 2017 pour poursuivre ses études et a bénéficié de titres de séjour ; elle s'est pacsée en 2022 avec un ressortissant français et le couple attend son premier enfant dont la naissance est prévue en juillet 2024 ; elle est titulaire d'un contrat à durée indéterminée depuis le 6 octobre 2021 ; le 23 novembre 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en sollicitant la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ; elle s'est vu remettre un récépissé valable du 22 novembre 2023 au 22 mai 2024 ; le 28 mars 2024, elle en a sollicité le renouvellement et, sans réponse de l'administration, a réitéré cette démarche le 10 mai 2024 ; elle reste sans nouvelle des services préfectoraux ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'elle ne peut plus justifier de la régularité de son séjour ou de son travail, elle ne pourra pas bénéficier des indemnités journalières à l'ouverture de son congé de maternité, les prestations de la caisse d'allocations familiales ont été suspendues, elle risque de voir son contrat de travail suspendu, elle se trouve dans une situation de grande précarité administrative et financière ;

- la mesure sollicitée est utile, en l'absence d'autre voie qui lui serait ouverte et devant l'inaction des services préfectoraux ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme A a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de titre de séjour et de délivrance d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 23 novembre 2023 ainsi qu'il résulte du récépissé établi à la même date versé au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois, qui était expiré à la date d'enregistrement de la requête. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé, alors que l'instruction de la demande de titre de séjour de la requérante doit être regardée comme étant close, est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Fait à Melun, le 27 novembre 2024.

La juge des référés,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,