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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2407673

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407673

vendredi 18 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2407673
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème chambre
Avocat requérantBOUKHELIFA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B, ressortissante algérienne, qui contestait le refus implicite de délivrance d’un certificat de résidence d’un an portant la mention "vie privée et familiale". La requérante invoquait une méconnaissance des stipulations de l’article 6-5° de l’accord franco-algérien et de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le tribunal a estimé que ses liens personnels et familiaux en France, bien que réels, n’étaient pas suffisamment intenses pour caractériser une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, compte tenu de son âge avancé et de sa longue résidence en Algérie. En conséquence, les décisions attaquées ont été jugées conformes aux textes applicables, et l’ensemble des conclusions de la requête a été rejeté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 juin 2024, Mme C B veuve A, représentée par Me Boukhelifa, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un certificat de résidence d'un an, confirmée par la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique formé devant le ministre de l'intérieur le 6 mars 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un certificat de résidence d'un an renouvelable portant la mention " vie privée et familiale " ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les décisions attaquées méconnaissent les stipulations du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par ordonnance du 20 mai 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 6 juin 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le rapport de Mme Jean a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Par courrier en date du 27 septembre 2023 dont il a été accusé réception le 11 octobre suivant, Mme B, ressortissante algérienne née en 1946, a sollicité la délivrance d'un certificat de résidence auprès de la préfecture du Val-de-Marne. Le silence gardé par l'autorité administrative sur cette demande a fait naître, à l'issue d'un délai de quatre mois, une décision implicite de rejet, à l'encontre de laquelle Mme B a formé un recours hiérarchique devant le ministre de l'intérieur par courrier recommandé en date du 6 mars 2024, reçu le 18 mars suivant. Par la présente requête, l'intéressée sollicite l'annulation de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour, ensemble la décision implicite par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté son recours hiérarchique.

2. Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () 5. Au ressortissant algérien qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Si Mme B fait valoir qu'elle est entrée sur le territoire français en septembre 2023, qu'elle réside de façon continue depuis lors chez sa fille, de nationalité française, qui subvient à ses besoins et que trois autres de ses filles vivent en France, ces seules circonstances ne permettent pas d'établir l'intensité de ses liens personnels et familiaux en France, alors qu'elle a vécu dans son pays d'origine jusqu'à l'âge de 77 ans. Ainsi, eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, les décisions attaquées n'ont pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. Ces décisions n'ont donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de Mme B doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également ses conclusions aux fins d'injonction, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B veuve A et au préfet du Val-de-Marne.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 2 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2025.

La rapporteure,

Signé : A. Jean Le président,

Signé : N. Le Broussois

La greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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