Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2407943
lundi 30 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2407943 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 juin 2024, complétée les 17 juillet, 2 août, 13 et 25 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article l. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision de refus de délivrance de ses pièces d'identité par la préfète du Val-de-Marne ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer les pièces d'identité compte tenu de l'urgence pour garantir ses droits fondamentaux.
Il indique qu'il a demandé le 2 janvier 2024 à la préfecture du Val-de-Marne de lui délivrer un passeport et une carte d'identité et qu'il n'a eu aucune réponse ce qui a fait naître une décision implicite de rejet.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car l'Assurance maladie lui a demandé de justifier de la régularité de son séjour à la date du 5 juillet 2024, et, sur le doute sérieux, que c'est à tort que la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer les documents d'identité réclamés car il est français par filiation légitime, son père ayant eu le statut de protégé sous mandat français et sa mère ayant été française par mariage.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 29 juin 2024 sous le numéro 2407989, M. B a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant camerounais, né le 27 janvier 1966, qui se prévaut de sa qualité de père de la jeune C B D, ressortissante française née le 26 janvier 2003, a sollicité un visa de long séjour en qualité de parent d'enfant français auprès du consul général de France à Douala afin de rejoindre sa fille alléguée qu'il avait confiée, depuis 2010, à des proches parents en France. Par une décision du 2 mai 2018, le consul général de France à Douala a rejeté sa demande. Par une décision du 18 juillet 2018, la commission de recours contre les décisions de refus de visa d'entrée en France a rejeté son recours dirigé contre cette décision consulaire. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif de Nantes du 6 février 2020. M. B est donc entré en France le 22 août 2020 muni d'un visa de long séjour en qualité de famille de français délivré par les autorités consulaires françaises dans cette ville. Après une première tentative effectuée le 20 septembre 2020, il a déposé le 2 janvier 2024 une nouvelle demande de passeport biométrique et carte nationale d'identité devant la préfète du Val-de-Marne et n'a reçu aucune réponse. Il entendait se prévaloir de la qualité de " protégé sous mandat français " de son père. Il n'a reçu aucune réponse. Par une requête enregistrée le 29 juin 2024, M. B a demandé l'annulation de la décision implicite qu'il estime s'être vu opposer par la préfète du Val-de-Marne et sollicite du juge des référés, par sa requête du même jour, la suspension de son exécution.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des éléments fournis par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit s'apprécier objectivement et globalement tenir compte notamment du fait que le requérant ne se soit pas placé lui-même dans une situation qui ne lui permette plus d'invoquer utilement - ni sérieusement - la notion d'urgence. .
4. Au soutien de la condition d'urgence, le requérant fait valoir que ses droits à l'Assurance maladie vont être clos à la fin du mois d'août 2024 car il n'est pas en mesure de justifier de la régularité de son séjour. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B est entré en France avec un visa de long séjour lui ouvrant droit à un titre de séjour. Il n'établit pas en avoir sollicité que ce soit à son arrivée sur le territoire ou les années successives, lui permettant de continuer à faire valoir ses droits à l'Assurance maladie.
5. Par suite, et outre qu'il n'appartient pas à la juridiction administrative de connaître de sa contestation sur sa nationalité française, qui relève de la compétence du juge judiciaire en application de l'article 29 du code civil, la condition d'urgence, qui doit s'analyser, comme il l'a été dit plus haut, globalement et concrètement, ne peut être considérée comme remplie, dès lors que la situation que déplore le requérant résulte aussi de son propre comportement et de sa propre négligence.
6. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de M. B selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1erer : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au préfet du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2407973
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