Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408100

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408100
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant sénégalais et fils de réfugié, d'une demande d'injonction à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. En cours d'instance, la préfète a convoqué l'intéressé, lui a délivré un récépissé, et son titre de séjour était disponible au 2 octobre 2024. Le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales, la mesure sollicitée étant devenue sans objet. Il a également rejeté les conclusions présentées au titre des frais irrépétibles, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, M. A B, représenté par

Me Molotoala, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui octroyer un rendez-vous en vue du dépôt d'une demande de titre de séjour en qualité de membre de famille de réfugié assortie de la remise d'un récépissé l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter d'un délai de 15 jours suivant le prononcé de l'ordonnance ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que, de nationalité sénégalais, il est né en octobre 2005, et est le fils d'un ressortissant de Guinée-Bissau reconnu réfugié par la Cour nationale du droit d'asile le

1er septembre 2010, qu'il est entré en France le 11 juin 2021 dans le cadre de la réunification familiale, qu'à sa majorité il a souhaité demander un titre de séjour en qualité de membre de famille de réfugié à la préfète du Val-de-Marne, que le dépôt sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France n'est plus possible en raison de l'ancienneté de son visa, qu'il a alors demandé à la préfète du Val-de-Marne un rendez-vous, sans succès, que la condition d'urgence est satisfaite car il est fils de réfugié et il doit être en mesure de justifier de la régularité de son séjour que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 25 juillet 2024 pour le dépôt de sa demande.

Par un nouveau mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2024, la préfète du

Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a informé le tribunal que le titre de séjour de l'intéressé était en cours de fabrication.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant sénégalais né le 4 octobre 2005 à Yeumbeul (Région de Dakar), entré en France le 11 juin 2021 muni d'un visa en qualité de membre de famille de réfugié délivré par les autorités consulaires françaises à Dakar, a sollicité à sa majorité de la préfète du Val-de-Marne un rendez-vous en vue de déposer une demande de carte de séjour. Il n'a reçu aucune réponse, malgré de nombreuses relances du service. Par sa requête enregistrée le 3 juillet 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne

(sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a convoqué M. B pour le 25 juillet 2024 afin de déposer son dossier de demande de titre de séjour et lui a délivré un récépissé valable jusqu'au 24 janvier 2025. A la date du 2 octobre 2024, le titre de séjour de M. B était disponible à la sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, le titre de séjour de M. B est disponible à la sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses depuis le 2 octobre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais irrépétibles :

4. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

5. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à celle-ci () ".

6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 000 euros qui sera versée à Me Motoloala, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 000 euros à

Me Motoloala, conseil de M. B, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Motoloala et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,