Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408133

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408133
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante brésilienne rencontrant des difficultés pour déposer une demande de renouvellement de sa carte de résident via la plateforme numérique dédiée. La requérante demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui permettre de déposer sa demande et de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler. Le tribunal a constaté que, postérieurement à l'introduction de la requête, la préfète avait convoqué l'intéressée pour le dépôt de sa demande, et que celle-ci n'établissait pas que ce rendez-vous n'avait pas été honoré ou qu'aucun récépissé ne lui avait été délivré. En conséquence, le juge des référés a prononcé un non-lieu à statuer sur les conclusions principales et a rejeté la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juillet 2024, Mme B A épouse C, représentée par Me Charles, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui permettre de déposer une demande de carte de résident, dans un délai de quatre jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard et de la munie une fois sa demande déposée, d'un récépissé l'autorisant à travailler ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité brésilienne, elle était titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 1er mai 2024, qu'elle a tenté à partir du 14 février 2023 de prendre rendez-vous pour le renouveler son titre de séjour, qu'il ne lui est pas possible de se connecter sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de sa carte de résident et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l'intéressée n'ayant jamais déposé de demande de renouvellement de son titre de séjour et ayant été convoquée le 16 juillet 2024 pour le dépôt de sa demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante brésilienne née le 25 septembre 1972 à Santa Rita (Etat de Paraiba), a été titulaire d'une carte de résident délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 1er mai 2024. Elle est l'épouse d'un ressortissant français depuis le 21 août 2010. Elle indique avoir rencontré des difficultés pour déposer une demande de renouvellement de son titre de séjour sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Ses demandes d'aide du service d'assistance de l'Agence nationale des titres sécurisés, à compter du 14 février 2024, et de la préfète du Val-de-Marne, à compter du 21 mai 2024, sont restées sans réponse. Par sa requête enregistrée le 3 juillet 2024, elle sollicite du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour qu'elle puisse déposer sa demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme A pour le 16 juillet 2024 en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de son titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme A le 16 juillet 2024 à 10 heures en vue du dépôt de sa demande de renouvellement de sa carte de résident. L'intéressée ne soutenant pas, cinq mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A épouse C présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A épouse C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A épouse C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,