Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408292

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408292
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. A, ressortissant marocain, d'une demande d'injonction pour obtenir un rendez-vous en vue de la remise de sa carte de résident renouvelée. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé le 16 juillet 2024 pour retirer son titre, et M. A n'a pas contesté que cette remise ait eu lieu. Le juge des référés a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales, la mesure sollicitée étant devenue sans objet, et a rejeté la demande de frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 juillet 2024, M. B A, représenté par

Me Hervet, demande au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui accorder un rendez-vous pour la remise de son titre de séjour dans le délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à charge de l'Etat une somme de 2.0 00 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité marocaine, il a été titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 25 décembre 2023, qu'il est marié avec une compatriote en situation régulière, qu'il travaille depuis avril 2013, qu'il a demandé le renouvellement de son titre de séjour le 11 octobre 2023, qu'il a bénéficié d'un récépissé valable jusqu'au 10 avril 2024, qui n'a pas été renouvelé, qu'il a ensuite reçu la confirmation que sa nouvelle carte de résident était en cours de fabrication, qu'il n'a pu recevoir le message de convocation car son numéro de téléphone a changé en raison d'un vol, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 23 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête, l'intéressé ayant été convoqué le 16 juillet 2024 pour retirer son titre de séjour et n'ayant jamais communiqué ses nouvelles coordonnées téléphoniques à l'administration.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, ressortissant marocain né le 19 avril 1981 à Ida Ou Gailal (Région de Souss-Massa-Drâa), a été titulaire d'une carte de résident délivrée par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 25 décembre 2023. Il en a demandé le renouvellement le 11 octobre 2023 et s'est vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois, qui n'a pas été renouvelé, malgré une demande en ce sens. Par une première requête enregistrée le 13 avril 2024, il a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer pour renouveler son récépissé de demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a informé le tribunal qu'une nouvelle carte de résident, valable jusqu'au 25 décembre 2033 avait été mise en fabrication et lui serait bientôt remise. Toutefois cette carte ne lui a pas été remise en raison d'un changement de numéro de téléphone de l'intéressé à la suite d'un vol, de sorte que les messages de convocation en vue du retrait de ce titre sont restés sans réponse. Par une nouvelle requête enregistrée le 6 juillet 2024, M. A demande au tribunal, toujours sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui accorder un rendez-vous pour la remise de son titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A en préfecture le 16 juillet 2024 pour lui délivrer sa nouvelle carte de résident.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A le 16 juillet 2024 à 14 heures 30 en vue du retrait de sa carte de résident. L'intéressé ne soutenant pas, près de cinq mois plus tard, que cette remise n'a pas eu lieu. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme à verser à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L.521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de M. A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,