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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2408632

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408632

mercredi 28 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408632
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation14ème chambre, DALO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui contestait la décision implicite de la commission de médiation du droit au logement opposable (DALO) de Seine-et-Marne refusant de reconnaître sa demande de logement comme prioritaire et urgente. Le requérant invoquait un délai d’attente de plus de quatre ans, mais le tribunal a estimé qu’il n’apportait pas d’éléments suffisants pour établir le caractère prioritaire et urgent de sa situation. La solution retenue s’appuie sur les articles L. 441-2-3 et R. 441-14-1 du code de la construction et de l’habitation, qui imposent au demandeur de justifier de conditions spécifiques pour bénéficier de cette procédure.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 juillet 2024, M. C A, demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commission de médiation du droit au logement opposable de Seine-et-Marne a rejeté son recours amiable tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente.

Il soutient que la commission a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dès lors que sa demande de logement social date de plus de 4 ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mai 2025, le préfet de Seine-et-Marne informe le tribunal que M. A a été relogé le 9 décembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B, premier vice-président, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R. 222-13 (1°) du code de justice administrative

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, et en application de l'article L. 732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. B, les parties n'y étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée après appel de l'affaire à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a présenté devant la commission de médiation du droit au logement opposable de Seine-et-Marne un recours amiable enregistré le 28 mars 2024 tendant à ce que sa demande de logement soit reconnue comme prioritaire et urgente sur le fondement des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation. Cette commission de médiation a rejeté son recours par une décision implicite dont M. A demande l'annulation.

Sur le cadre juridique applicable :

2. Il résulte des dispositions du II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et de l'article R. 441-14-1 du même code que, pour être désigné comme prioritaire et devant se voir attribuer d'urgence un logement social, le demandeur doit être de bonne foi, satisfaire aux conditions réglementaires d'accès au logement social et justifier qu'il se trouve dans une des situations prévues au II de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et satisfait à un des critères définis à l'article R. 441-14-1 de ce code. Dès lors que l'intéressé remplit ces conditions, la commission de médiation doit, en principe, reconnaître le caractère prioritaire et urgent de sa demande. Toutefois, dans le cas d'une personne se prévalant de ce qu'elle a présenté une demande de logement social et n'a pas reçu de proposition adaptée dans le délai fixé en application de l'article L. 441-1-4, la commission peut refuser de reconnaître que la demande présente, à ce titre, un caractère prioritaire et urgent, en se fondant sur la circonstance que cette personne dispose déjà d'un logement. Elle ne peut toutefois légalement opposer ce motif que si le logement occupé est adapté à ses besoins. Pour apprécier si le logement occupé est adapté aux besoins du demandeur, il y a lieu de prendre en compte, d'une part, ses caractéristiques, le montant de son loyer et sa localisation, d'autre part, tous éléments relatifs aux occupants du logement, comme une éventuelle situation de handicap, qui sont susceptibles de le rendre inadapté aux besoins du demandeur,

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Par une décision née du silence gardé par la commission de médiation

de Seine-et-Marne, cette dernière a implicitement rejeté le recours de M. A tendant à ce qu'il soit reconnu prioritaire et devant être logé en urgence.

4. En l'espèce, en se bornant à soutenir qu'il est en attente d'un logement social depuis quatre ans, sans plus de précision, M. A n'établit pas que sa demande présente

un caractère prioritaire et urgent. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que la commission de médiation de Seine-et-Marne a fait une inexacte application des dispositions précitées.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet

de Seine-et-Marne et à la ministre chargée du Logement.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2025.

Le magistrat désigné,

O. B

Le greffier,

S. BONINE

La République mande et ordonne à la ministre chargée du logement en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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