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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2408634

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408634

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408634
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation6ème chambre
Avocat requérantLA BURTHE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de Mme A..., une ressortissante ivoirienne, qui demandait l'annulation du refus implicite de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale". La juridiction a estimé que la requérante, bien que vivant en France depuis 2018 et liée par un PACS, ne justifiait pas que le centre de ses intérêts privés et familiaux se trouvait en France, au regard notamment de l'absence d'enfant à charge, de son absence d'insertion professionnelle et de ses attaches persistantes dans son pays d'origine. Le tribunal a conclu que le refus préfectoral ne méconnaissait pas les conditions posées par les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 juillet 2024, Mme B... A..., représentée par Me La Burthe, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle le préfet de Seine-et-Marne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;

2°) d’enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention « vie privée et familiale ».

Elle soutient que la décision méconnaît l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

La requête a été communiquée au préfet de Seine-et-Marne qui n’a pas produit de mémoire en défense.

Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle par une décision du 15 mai 2024.

Par ordonnance du 31 octobre 2025, la clôture d'instruction a été fixée au 2 décembre 2025 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

M. Rehman-Fawcett, a été entendu, en son rapport, au cours de l’audience publique.

Les parties n’étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

Mme B... A..., ressortissante ivoirienne, née le 30 mai 1973 à Bingerville (Côte d’Ivoire) est entrée le 27 juin 2018 sur le territoire français selon ses déclarations. Le 1er juillet 2023, elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Une décision implicite de rejet est née. Mme A... demande au tribunal l’annulation de cette décision.

Sur la décision portant refus de délivrance d’un titre de séjour :

D’une part, aux termes de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ».

D’autre part, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1./ Lorsqu’elle envisage de refuser la demande d’admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l’autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l’article L. 432-14. Les modalités d’application du présent article sont définies par décret en Conseil d’État ».

Mme A... fait valoir que sa vie privée et familiale se trouve en France dès lors qu’elle y réside depuis le 27 juin 2018 et qu’elle a conclu un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français le 14 mai 2020. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu’à la date de naissance de la décision implicite de rejet contestée, les éléments présentés par l’intéressée présentent un caractère récent. De plus, Mme A... est sans enfant à charge, et ne saurait être regardée comme dépourvue d’attaches familiales dans son pays d’origine où elle a vécu au moins jusqu’à l’âge de 45 ans. En outre, la requérante ne fait état d’aucune insertion professionnelle sur le territoire français. Ainsi la requérante ne justifie pas, à supposer même établie la durée de séjour qu’elle invoque, avoir en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, la décision attaquée n’a pas méconnu les dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Il résulte de l’ensemble de ce qui précède, que la requête de Mme A... doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d’injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B... A... et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 3 février 2026, à laquelle siégeaient :

M. Dewailly, président,
M. Rehman-Fawcett, premier conseiller,
Mme Seignat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 février 2026.


Le rapporteur,

C. Rehman-Fawcett

Le président,

S. Dewailly

La greffière,





L. Sueur

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière

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