Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de la SASU HRE, qui demandait la condamnation de l’État au versement d’indemnités d’occupation. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la société n’a pas produit, malgré une demande de régularisation, la preuve du dépôt de sa réclamation préalable auprès de l’administration, comme l’exigent les articles R. 412-1 et R. 421-2 du code de justice administrative. L’ordonnance a été rendue sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, la société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) HRE, représentée par Me Morabito, demande au tribunal de condamner l’État à lui verser la somme de 29 405,38 euros correspondant aux indemnités d’occupation pour la période du 7 septembre 2023 au 7 mars 2024, date de libération effective des locaux situés 10/12 rue Anatole France à Cachan (94 230) par la société Carpediem.
Vu :
- la lettre du 26 juillet 2024 adressée par le greffe du tribunal à la SASU HRE l’invitant à transmettre la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
En vertu du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, les présidents de tribunal administratif peuvent statuer par ordonnance pour rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens.
Selon l’article R. 412-1 du code de justice administrative, la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation.
L’article R. 611-8-6 du même code dispose : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai. ».
Au soutien de sa demande, la SASU HRE produit la copie d’une demande indemnitaire qu’elle aurait adressée à la sous-préfecture de l’Hay-les-Roses le 14 mai 2024, sans produire la pièce justifiant de la réception de cette demande par l’autorité administrative. Par un courrier du 26 juillet 2024, le tribunal l’a invitée à régulariser sa requête en produisant la preuve du dépôt de cette demande, dans le délai de quinze jours à compter de la réception de ce courrier, faute de quoi sa requête sera considérée comme manifestement irrecevable. Ce courrier, mis à la disposition du conseil du requérant sur l’application informatique Télérecours, a été consulté le 6 septembre 2024, mais était déjà réputé notifié deux jours ouvrés après sa mise à disposition, en application des dispositions précitées de l’article R. 611-8-6 du même code. En dépit de cette demande, la SASU HRE n’a pas justifié du dépôt de sa demande indemnitaire préalable. Par suite, la requête est entachée d’une irrecevabilité manifeste. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SASU HRE est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SASU HRE.
Fait à Melun, le 26 janvier 2026.
La présidente
F. DEMURGER
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière