Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408907

mardi 17 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408907
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante chinoise d'une demande d'injonction visant à obtenir la délivrance de son titre de séjour "chercheur". En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée pour retirer son titre, ce qui a conduit le juge à constater un non-lieu à statuer sur la demande principale. La requérante n'ayant pas démontré que le rendez-vous n'avait pas été honoré, la demande est devenue sans objet. Les conclusions accessoires présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre effectivement son titre de séjour en cours de validité dans un délai de sept jours à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que, de nationalité chinoise, elle est entrée en France avec un visa d'étudiant et a eu un titre de séjour valable jusqu'au 6 octobre 2023, qu'elle a eu ensuite un titre de quatre ans en qualité de chercheur, qu'elle a été convoquée pour le 5 juillet 2023 pour retirer son titre mais qu'elle n'était pas en France à cette date, qu'elle a ensuite tenté sans succès pour obtenir un nouveau rendez-vous pour la délivrance de son titre, que la condition d'urgence est satisfaite car elle doit pouvoir bénéficier de son titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 24 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu de la requête, l'intéressée ayant été convoquée ce même jour pour le retrait de son titre.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante chinoise né le 28 juillet 1993 dans la province du Shandong, entrée en France munie d'un visa d'étudiant délivré par les autorités consulaires françaises à Francfort (Allemagne) et valable jusqu'au 6 octobre 2022, a bénéficié, le 1er juin 2023, d'une décision favorable de la préfète du Val-de-Marne en vue de la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle de quatre ans portant la mention " chercheur ". Elle a été convoquée pour le 5 juillet 2023 en vue de retirer son titre de séjour. Elle n'a pas été en mesure de se rendre à cette convocation, étant en Chine à cette date. Elle a sollicité à plusieurs reprises les services de la préfète du Val-de-Marne en vue de bénéficier d'un nouveau rendez-vous. Elle n'a reçu aucune réponse. Par sa requête enregistrée le 19 juillet 2024, elle sollicite du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une convocation pour qu'elle retirer son titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme A pour le 24 juillet en vue de ce retrait.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué Mme A le 24 juillet 2024 à 14 heures 30 en vue du retrait de sa carte de séjour pluriannuelle. L'intéressée ne soutenant pas, près de cinq mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni que cette carte ne lui a pas été délivrée à cette date, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme à verser à Mme A, qui a présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de la requête de Mme A sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,