Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409141

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409141
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme A d'une demande d'injonction visant à obtenir une attestation de prolongation d'instruction de son titre de séjour. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a délivré l'attestation sollicitée, valable jusqu'au 5 novembre 2024, ce que Mme A a pris acte. Le juge a constaté que les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer. Il a toutefois condamné l'État à verser 1 500 euros à Mme A au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 juillet 2024, Mme B A, représentée par

Me Chauvin-Hameau-Madeira, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre une attestation de prolongation d'instruction avec maintien des droits associés à un séjour régulier et de son autorisation de travail, subsidiairement de lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de huit jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 16 août 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, en faisant valoir qu'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 5 novembre 2024 a été délivrée à Mme A sur son compte personnel ANEF, ce qui fait en tout état de cause obstacle à ce que la condition d'urgence soit regardée comme étant remplie.

Par un mémoire enregistré le 19 août 2024, Mme A prend acte de la délivrance d'une attestation de prolongation de droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne indique qu'une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 5 novembre 2024 a été délivrée à Mme A sur son compte personnel ANEF. Cette information a été portée à la connaissance de Mme A, qui en a pris acte. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A doivent être regardées comme étant devenues sans objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme A.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à Mme A au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés,

C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,