Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409275

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409275
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. B, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour. Le juge a estimé que M. B n'établissait pas avoir déposé un dossier complet, condition nécessaire à l'obtention d'un récépissé en vertu des articles L. 431-1, R. 431-11, R. 431-12 et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, il n'a pas été jugé que la condition d'urgence ou l'utilité de la mesure étaient remplies. La demande de frais de justice a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer à titre conservatoire et provisoire un récépissé de demande de titre de séjour, dans un délai de sept jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.

M. B soutient que :

- il a déposé une demande de titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale, par voie postale, ainsi qu'il lui a été demandé ; cette demande a fait l'objet d'un accusé de réception le 5 juin 2024 ; aucun récépissé ne lui a cependant été délivré durant l'instruction de cette demande ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il doit subvenir aux besoins de sa famille et trouver un emploi ;

- la mesure sollicitée est utile pour la préservation de ses droits ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 31 juillet 2024, le préfet de Seine-et-Marne, conclut au rejet de la requête.

Le préfet de Seine-et-Marne fait valoir que la requête n'est pas fondée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. Il résulte des dispositions combinées des articles L. 431-1, R. 431-11, R. 431-12 et R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'étranger qui a sollicité la délivrance d'un titre de séjour n'a le droit d'obtenir un récépissé que s'il a déposé un dossier complet de demande de titre de séjour.

3. Si M. B fait valoir qu'il a, en ce conformant aux prescriptions du préfet, déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour par courrier dont la préfecture de Seine-et-Marne a accusé réception le 5 juin 2024, il se borne à produire, à l'appui de sa requête, le seul accusé de réception postal de cet envoi, à l'exclusion de sa demande de titre de séjour elle-même et de la liste des pièces qui accompagnaient cette demande. Dans ces conditions, il ne resulte pas de l'instruction que le dossier de demande de titre de séjour de M. B aurait été complet, de sorte que ce dernier n'est pas fondé à demander la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour.

4. Il résulte de ce qui précède que M. B ne justifie ni d'une situation d'urgence ni de l'utilité de la mesure qu'il sollicite, à défaut d'établir qu'il s'est conformé aux dispositions réglementaires régissant la composition d'un dossier de titre de séjour. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte qu'il présente ne peuvent qu'être rejetées.

5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que le requérant présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 17 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,