Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410605

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410605
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Melun a rejeté la requête de M. A B, qui contestait une contrainte de France Travail pour le remboursement d’un indu d’allocation de solidarité spécifique de 1 040,98 euros. Le juge a considéré que cette opposition, tendant à la décharge d’une somme d’argent, relevait de l’obligation de représentation par avocat en vertu de l’article R. 431-2 du code de justice administrative. M. B, invité à régulariser sa requête, n’a pas désigné d’avocat ni justifié d’une demande d’aide juridictionnelle, rendant sa requête manifestement irrecevable. L’ordonnance applique les articles R. 222-1 (4°) et R. 431-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2024 sous le n° 2410605, M. A B forme opposition à la contrainte émise le 16 juillet 2024 par la directrice de la plateforme contentieux et incidents de paiement de France Travail Ile-de-France pour paiement d'un indu d'allocation de solidarité spécifique au titre de la période du 5 juillet 2023 au 30 septembre 2023 pour un montant de 1 040,98 euros. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 16 juillet 2024.

La requête a été communiquée le 3 septembre 2024 à la directrice régionale de France Travail Ile-de-France qui n'a pas produit de mémoire en défense.

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugements des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ". Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Les requêtes et les mémoires doivent, à peine d'irrecevabilité, être présentés soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, lorsque les conclusions de la demande tendent au paiement d'une somme d'argent, à la décharge ou à la réduction de sommes dont le paiement est réclamé au requérant ou à la solution d'un litige né de l'exécution d'un contrat () ". Aux termes de l'article R. 431-3 de ce code : " Toutefois, les dispositions du premier alinéa de l'article R. 431-2 ne sont pas applicables : () / 4° Aux litiges en matière de pensions, de prestations, allocations ou droits attribués au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, d'emplois réservés et d'indemnisation des rapatriés () "

2. Les oppositions aux contraintes délivrées par France-Travail sur le fondement de l'article L. 5426-8-2 du code du travail doivent être regardées, au sens de l'article R. 431-2 du code de justice administrative, comme des requêtes tendant à la décharge de sommes dont le paiement est réclamé au requérant et sont, dès lors, soumises à l'obligation de ministère d'avocat. Elles ne constituent pas des litiges en matière d'aide sociale au sens de l'article L. 4731-3 du code de justice administrative et ne peuvent donc être dispensées du ministère d'avocat.

3. M. A B forme opposition à une contrainte émise à son encontre par les services de France Travail Ile-de-France pour la récupération d'un indu d'allocation de solidarité spécifique. De telles conclusions entrent dans le champ des dispositions de l'article R. 431-2 du code de justice administrative et doivent, par suite, être présentées soit par un avocat, soit par un avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation, étant précisé que ces conclusions n'entrent dans aucun des cas prévus par l'article R. 431-3 du même code qui permettent de déroger à cette obligation. Le requérant a été invité par le greffe du tribunal, par une lettre du 20 septembre 2024 à régulariser sa requête sur ce point dans un délai d'un mois. M. B, qui a accusé réception de cette lettre le 23 septembre 2024, n'a pas désigné d'avocat et n'a pas justifié avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle dans le délai d'un mois à compter de cette date. Par suite, sa requête, qui est entachée d'une irrecevabilité manifeste, ne peut qu'être rejetée par application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à France Travail Ile-de-France.

Fait à Melun le 25 octobre 2024.

Le président

C. Freydefont

La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,