Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410758

mardi 26 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410758
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant ivoirien entré en France dans le cadre d'un regroupement familial, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer pour déposer sa demande de titre de séjour, en raison d'un dysfonctionnement de la plateforme numérique. En cours d'instance, la préfète a convoqué l'intéressé le 31 octobre 2024. Le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales, la mesure sollicitée ayant été exécutée. Il a toutefois condamné l'État à verser 1 200 euros à M. B au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Cissé, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de votre ordonnance, de prendre, sans délai, toutes mesures utiles, afin qu'il lui soit permis de déposer physiquement sa demande de droit au séjour dans le cadre d'un regroupement familial notamment en le convoquant sans délai pour lui donner un récépissé de séjour valide en attendant d'instruire son dossier ;

2) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1200 euros au titre des frais exposés pour sa défense, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité ivoirienne, il est entré en France le 16 novembre 2023 dans le cadre d'un regroupement familial, qu'il a été convoqué par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 28 décembre 2023, qu'il a ensuite tenté de déposer sa demande de titre de séjour sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, qu'elle a été classée sans suite au motif qu'il devait le faire sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France mais que cela est impossible en raison d'un dysfonctionnement de celle-ci, que les services de la préfecture du Val-de-Marne ne répondent pas à ses demandes de rendez-vous, que la condition d'urgence est satisfaite car il est entré en France régulièrement dans le cadre d'un regroupement et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 2 octobre 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-(préfecture de l'Haÿ-les-Roses) conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 31 octobre 2024 en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

.le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant ivoirien né le 20 septembre 2004 à Attécoubé, entré en France le 16 novembre 2023 muni d'un visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Abidjan, dans le cadre d'un regroupement familial, a été convoqué le

18 janvier 2024 par l'Office français de l'immigration et de l'intégration en vue de la visite médicale. Il a validé la formation civique dans le cadre du contrat d'intégration républicaine à compter du 2 mars 2024 et signé l'acte d'engagement à respecter les valeurs de la République française le 19 février 2024. Il a sollicité sur la plateforme de la préfecture du Val-de-Marne, le 19 janvier 2024, un rendez-vous en vue de déposer sa demande de titre de séjour. Cette demande a été classée sans suite le 24 janvier 2024 au motif qu'elle devait être déposée sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France mais cela s'est révélé impossible en raison d'un dysfonctionnement de celle-ci. Les services de la préfecture du Val-de-Marne ne répondent pas à ses demandes de rendez-vous. Par sa requête enregistrée le 2 septembre 2024, il a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer afin qu'il lui soit permis de déposer physiquement sa demande de droit au séjour dans le cadre d'un regroupement familial. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de

l'Haÿ-les-Roses) a convoqué l'intéressé pour le 31 octobre 2024 à cette fin.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de

l'Haÿ-les-Roses) a convoqué M. B le 31 octobre 2024 à 9 heures 30 en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour. L'intéressé ne soutenant pas, près d'un mois plus tard, que ce rendez-vous n'a pas été honoré ni qu'un récépissé de demande de titre de séjour ne lui a pas été délivré à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1.200 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus de statuer sur les conclusions de la requête de M. B présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1.200 euros à

M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,