Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411073

lundi 14 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411073
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationChambre Reconduite à la frontière 12

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. C A, ressortissant portugais, qui demandait l'annulation de l'arrêté du 1er septembre 2024 fixant le pays de destination de son expulsion. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et de défaut de motivation, jugeant la décision suffisamment motivée et prise par une autorité compétente. Les autres moyens, relatifs à l'obligation de quitter le territoire, au refus de délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour, ont été déclarés inopérants car non dirigés contre la décision attaquée. La solution se fonde sur les articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 septembre 2024, M. D C A, représenté par Me El Aniou, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er septembre 2024 par lequel la préfète du Val-de-Marne a fixé le pays de destination de l'arrêté d'expulsion dont il fait l'objet.

Il soutient que :

- la décision contestée a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est entachée d'erreur de droit, d'erreur d'appréciation et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est entachée d'erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction de retour.

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne, représentée par le cabinet Actis avocats, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais des pièces, enregistrées les 7 septembre et 7 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente du tribunal a désigné M. Bourgau en application des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bourgau, magistrat désigné ;

- et les observations de la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me El Assaad ;

- M. C A n'étant ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, ressortissant portugais né le 20 novembre 1983 à Santa Catarina (Cap-Vert), fait l'objet d'un arrêté d'expulsion pris par le préfet de police de Paris le 23 janvier 2023. Par un arrêté du 31 oût 2024, la préfète du Val-de-Marne l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par un arrêté du 1er septembre 2024, dont le requérant demande l'annulation, la préfète du Val-de-Marne a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet.

2. En premier lieu, par un arrêté du 26 juin 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 27 juin 2024, la préfète du Val-de-Marne a donné délégation à Mme E B, cheffe du bureau de l'éloignement et du contentieux et signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision contestée, qui n'avait pas à indiquer de manière exhaustive l'ensemble des éléments afférents à la situation du requérant, énonce l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde de manière suffisamment circonstanciée pour mettre utilement M. C A en mesure d'en discuter les motifs et le juge d'exercer son contrôle en pleine connaissance de cause. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En troisième et dernier lieu, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de l'erreur de droit, de l'erreur d'appréciation et de l'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la présence en France du requérant ne constitue pas une menace pour l'ordre public et qu'il ne présente pas de risque de fuite et de l'erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, respectivement soulevés contre des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire français ne sont pas dirigés contre la décision fixant le pays de destination, seule décision en litige dans le cadre de la présente requête. Par suite, ils ne peuvent qu'être écartés comme inopérants.

5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D C A et à la préfète du Val-de-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.

Le magistrat,

Signé : T. BOURGAULa greffière,

Signé : N. RIELLANT

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

No 2411073