Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411371
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, Mme B D C, représentée par Me Camus, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 15 juillet 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de Marne de lui délivrer, à titre provisoire et dans l'attente du jugement au fond, un titre de séjour pluriannuel portant la mention " salarié ", ou a minima un titre de séjour temporaire cette mention, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et ce sous astreinte de 100 euros par jours de retard ;
3°) à défaut, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé de demande de renouvellement de demande de carte de séjour, assortis de l'autorisation de travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, et ce sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique, que de nationalité marocaine, elle est entrée en France le 5 septembre 2019 munie d'un visa d'étudiant, qu'elle a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi " le 8 juin 2021, qu'elle a signé un contrat de travail le 5 août 2021, qu'elle a alors demandé un changement de statut à la préfecture de Seine-et-Marne, qu'elle a obtenu ensuite une autorisation de travail, qu'elle a déménagé à Charenton-le-Pont et déposé une nouvelle fois sa demande à la préfecture du Val-de-Marne, qu'elle n'a obtenu un récépissé de demande de titre de séjour que le 3 février 2023 à la suite de la saisine du tribunal administratif, qu'un titre de séjour portant la mention " salarié " lui a été délivré valable jusqu'au 19 février 2024, dont elle a demandé le renouvellement en sollicitant une carte pluriannuelle, qu'elle a obtenu un récépissé valable jusqu'au 14 septembre 2024 qui n'a pas à son tour été renouvelé.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause méconnait les stipulations de l'article 3 de l'accord franco-marocain et les dispositions des articles L. 433-1 et L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car elle a obtenu une autorisation de travail, ainsi que les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le
1er octobre 2024 afin de déposer sa demande de renouvellement de son titre de séjour et de se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un mémoire en réplique enregistré le 1er octobre 2024, Mme C, représentée par Me Camus, prend acte de cette convocation mais maintient ses demandes relatives aux frais irrépétibles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2411408, Mme C a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 1er octobre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience et entendu les observations de Me Kao, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu à statuer.
La requérante, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante marocaine née le 17 septembre 1993 à Marrakech, entrée en France le 5 septembre avec un visa d'étudiant, a été titulaire d'un titre de séjour en cette qualité et a obtenu un master d'urbanisme et d'aménagement à l'université Gustave Eiffel de
Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne) en novembre 2021. Elle a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " recherche d'emploi - création d'entreprise " délivré par la préfecture de Seine-et-Marne et valable jusqu'au 7 juin 2022. En décembre 2021, elle a sollicité un changement de statut en vue de se voir délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " et, le 8 juin 2022, il lui a été délivré une autorisation de travail en vue d'exercer les fonctions de chargée d'études techniques du bâtiment et des travaux publics au sein de la société " AREP " à Paris (75013). Un récépissé de demande de carte de séjour portant la mention " salarié " lui a alors été remis par le préfet de Seine-et-Marne le 1er août 2022 valable jusqu'au 31 janvier 2023. Ayant déménagé dans le département du
Val-de-Marne, elle a sollicité, en novembre 2022, de la préfète de ce département, un rendez-vous en vue de déposer à nouveau sa demande de titre de séjour. N'ayant aucune réponse de l'administration, par une requête enregistrée le 10 janvier 2023, elle a demandé au présent tribunal l'annulation de la décision implicite de rejet opposée par le préfet de Seine-et-Marne à sa demande de titre de séjour déposée le 16 décembre 2021. Par un jugement du 27 juin 2024, la 8ème chambre du présent tribunal a annulé cette décision implicite et a enjoint à la préfète du Val-de-Marne, territorialement compétente eu égard au nouveau domicile de l'intéressée, de délivrer à Mme C une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement. La préfète du Val-de-Marne, qui avait remis à la requérante, le 22 décembre 2023, une " attestation justificative d'une régularité de séjour ", puis le 15 mars 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois, n'a pas exécuté ce jugement dans les délais impartis et n'a pas renouvelé ce récépissé à son échéance, malgré une demande en ce sens en date du
31 août 2024. Considérant s'être vu opposer une fois de plus une décision implicite de rejet à sa demande de titre de séjour, Mme C, par une requête enregistrée le 13 septembre 2024, a demandé au présent tribunal de l'annuler et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée le 1er octobre 2024 " afin de déposer la demande de renouvellement du titre de séjour et se voir délivrer un récépissé de carte de séjour ", sans toutefois faire mention de l'exécution du jugement du 27 juin 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué
Mme C le 1er octobre 2024 à 11 heures " afin de déposer la demande de renouvellement du titre de séjour et se voir délivrer un récépissé de carte de séjour ". Dans ces conditions, et dans la mesure où le juge des référés ne peut statuer que par des mesures qui " présentent un caractère provisoire " en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 000 euros à verser à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 000 euros à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
A : M. AymardA : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2411371
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