Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411375
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411375 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2024, complétée les 17 et 25 septembre 2024, M. C D A, représenté par Me Lonchampt, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre les effets de la décision de refus de délivrance du titre de séjour en date du 13 août 2024 prise à son encontre par la préfète du Val-de-Marne ;
2°) de suspendre les effets de l'obligation de quitter le territoire en date du 13 août 2024 prise à son encontre par la préfète du Val-de-Marne ;
3°) de suspendre les effets de la décision fixant le pays de destination en date du
13 août 2024 prise à son encontre par la préfète du Val-de-Marne ;
4°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond l'autorisant à travailler dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) subsidiairement, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité sénégalaise, il est entré en France à l'âge de 11 ans, qu'il a obtenu la délivrance d'une carte de séjour temporaire le 7 mai 2007 qui a été renouvelée à plusieurs reprises jusqu'en juin 2022, date à laquelle il s'est vu notifier un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français, que l'exécution de cette décision a été suspendue par une ordonnance du juge des référés du 19 juillet 2022 et cette décision annulée par un jugement du
20 décembre 2023 du présent tribunal, que ce jugement n'a pas été exécuté et que, par une décision du 13 août 2024, la préfète du Val-de-Marne a prononcé à nouveau à son encontre une décision de refus de séjour portant obligation de quitter le territoire français.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause a été prise par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière, qu'elle est entachée d'un vice de procédure car elle a été prise sans consultation de la commission du titre de séjour, ainsi que d'une erreur de fait au regard des articles L. 432-2 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car la préfète n'a pas pris en compte les conséquences de sa décision sur ses liens personnels et familiaux en France ainsi que son intégration, que les faits qui lui sont reprochés ne peuvent constituer une menace pour l'ordre public, et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés, la condition d'urgence n'étant pas démontrée.
Par un mémoire en réplique enregistré le 30 septembre 2024, M. A, représenté par
Me Lonchampt, conclut aux mêmes fins en soutenant également qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, la préfète du Val-de-Marne méconnait l'autorité de la chose jugée.
Vu :
- la décision attaquée,
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le jugement du tribunal administratif de Melun du 20 décembre 2023 (requête n° 2206491) ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 14 septembre 2024 sous le n° 2411409, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 1er octobre 2024, tenue en présence de
Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Albu substituant Me Lonchampt, représentant M. A, présent, qui rappelle que la préfète du Val-de-Marne a refusé d'exécuter un jugement du présent tribunal qui avait annulé un refus de délivrance d'un titre de séjour, qu'il ne peut plus travailler, que son casier judiciaire est le même qu'en 2021, qu'il est arrivé en France à l'âge de 11 ans, que toute sa famille est en France, qu'il n'y a aucune atteinte grave à l'ordre public et qui sollicite la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour sous astreinte ;
- et les observations de Me Kao, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant à l'absence d'urgence.
Considérant ce qui suit :
1. Par le jugement susvisé du 20 décembre 2023, devenu définitif, la 6ème chambre du présent tribunal a annulé la décision du 1er juin 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne avait refusé le renouvellement du titre de séjour de M. A, ressortissant sénégalais né le
13 janvier 1988 à Dakar, et avait enjoint à cette dernière de faire droit à la demande de titre de séjour de M. A, sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait et de droit, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. La préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté ce jugement. Par un nouvel arrêté du 13 août 2024, elle a refusé le renouvellement du titre de séjour de M. A et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de
trente jours. Par une requête enregistrée le 14 septembre 2024, M. A a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
Sur l'urgence :
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci.
4. Il ressort des pièces du dossier que, par la décision contestée, la préfète du
Val-de-Marne a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A. Elle a donc mis fin au séjour régulier de l'intéressé sur le territoire français depuis plus de vingt ans malgré les termes du jugement du présent tribunal du 20 décembre 2023. La condition d'urgence doit, dans ces conditions, être considérée comme satisfaite, la circonstance que M. A serait demandeur d'emploi et soit retourné vivre chez sa mère étant sans incidence, dès lors qu'il n'a plus bénéficié d'un titre de séjour lui permettant de travailler de manière stable et régulière et donc d'avoir un revenu depuis le
14 juin 2022.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée en tant qu'elle refuse de renouveler le titre de séjour de M. A :
5. Aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13,
L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du même code : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article
L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
6. Il résulte de ces dispositions que, dès lors qu'un étranger auquel le préfet envisage de refuser le séjour remplit effectivement toutes les conditions prévues notamment à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet est tenu de soumettre son cas à la consultation de la commission du titre de séjour prévue par l'article L. 423-13 du même code, sans que puisse y faire obstacle la circonstance que sa présence en France constitue une menace à l'ordre public.
7. Aux termes par ailleurs de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE ".
8. Aux termes enfin de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance ou le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être refusé à tout étranger : () 3° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues aux articles 222-34 à 222-40, 224-1 A à
224-1 C, 225-4-1 à 225-4-4, 225-4-7, 225-5 à 225-11, 225-12-1, 225-12-2, 225-12-5 à 225-12-7, 225-13 à 225-15, au 7° de l'article 311-4 et aux articles 312-12-1 et 321-6-1 du même code ; 4° Ayant commis les faits qui l'exposent à l'une des condamnations prévues au livre II dudit code lorsqu'ils le sont sur le titulaire d'un mandat électif public ou sur toute personne mentionnée aux 4° et 4° bis de l'article 222-12 ou à l'article 222-14-5 du même code, dans l'exercice ou du fait de ses fonctions, lorsque la qualité de la victime est apparente ou connue de l'auteur ".
9. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de M. A, entré en France à l'âge de onze ans et qui a bénéficié de titres de séjour du 7 mai 2007 au 12 décembre 2021, soit pendant une durée de quatorze ans et cinq mois, la préfète du Val-de-Marne a retenu que l'intéressé avait fait l'objet de nombreuses condamnations par l'autorité judiciaire entre 2006 et 2020, et en particulier de en août et septembre 2007, mai 2010 et octobre 2012, soit il y a respectivement 17, 14 et 12 ans, à des peines d'emprisonnement respectives de 1 mois d'emprisonnement avec sursis, 4 mois d'emprisonnement avec sursis, 6 mois d'emprisonnement et 3 mois d'emprisonnement, pour des faits mentionnés aux 3°) et 4°) de l'article L. 432-1-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile créé par l'article 7 de la loi n° 2024-42 du 26 janvier 2024 pour contrôler l'immigration, renforcer l'intégration.
10. Il ressort toutefois des pièces du dossier que les condamnations reprochées à M. A, y compris celles mentionnées au point précédent, préexistaient aux décisions par lesquelles le préfet du Val-de-Marne avait renouvelé le titre de séjour de l'intéressé. De plus, l'état du droit antérieur à la loi du 26 janvier 2024 ne faisait pas obstacle à ce que ces condamnations puissent motiver un refus du titre de séjour, ce que d'ailleurs avait relevé le présent tribunal dans son jugement du 20 décembre 2023. Enfin, ce même jugement avait retenu, pour annuler l'arrêté du
14 juin 2022, que le requérant ne disposait plus d'aucune famille au Sénégal, pays qu'il avait quitté il y a plus de vingt-trois ans à la date de la décision contestée et que, dans ces conditions, la préfète du Val-de-Marne avait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée et la décision attaquée et avait dès lors, méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale.
11. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que les moyens tirés de ce que la décision contestée a été prise sans consultation de la commission du titre de séjour, dès lors qu'il remplissait les conditions pour se voir renouveler son titre de séjour, et est ainsi entachée d'une erreur de procédure l'ayant privé d'une garantie essentielle, et de ce que l'autorité de la chose jugée par le présent tribunal le 20 décembre 2023 aurait été méconnue par la préfète du Val-de-Marne dès lors qu'elle ne pourrait faire valoir aucun changement dans les circonstances de fait et de droit sur sa situation personnelle, est de nature à créer un doute sérieux sur sa légalité.
12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, les deux conditions de l'article
L. 521-1 du code de justice administrative étant réunis, il y a lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la décision contestée du 13 août 2024 de la préfète du Val-de-Marne en tant qu'elle refuse à M. A la délivrance d'un titre de séjour, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête.
Sur les autres demandes de M. A :
13. Aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. (). ". Il résulte de ces dispositions qu'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français n'est pas justiciable de la procédure instituée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative devant le juge des référés du tribunal administratif dans la mesure où il ne saurait lui être demandé de suspendre l'exécution d'une décision dont le recours en annulation formé contre elle a déjà entraîné cet effet suspensif.
14. Il résulte donc des dispositions mentionnées au point précédent que le recours en annulation formé par M. A le 14 septembre 204 devant le présent tribunal a eu pour effet de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.
15. Dès lors, les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de cette décision en tant qu'elle a fait obligation à M. A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours ainsi que, par voie de conséquence, celle fixant le pays de destination, dont elle constitue la base légale, sont sans objet et, par suite, irrecevables. Dès lors, elles ne peuvent être accueillies et doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
16. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Si, pour le cas où l'ensemble des conditions posées par l'article L. 521-1 du code de justice administrative est rempli, le juge des référés peut suspendre l'exécution d'une décision administrative et prescrire par la même décision juridictionnelle que l'auteur de la décision prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, de telles mesures doivent, ainsi que l'impose l'article L. 511-1 du même code, présenter un " caractère provisoire ".
17. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
18. Si les conditions posées à l'octroi de la suspension d'une décision retirant un avantage sont remplies, il appartient donc au juge administratif d'assortir le prononcé de cette suspension de l'indication des obligations qui en découleront pour l'administration et qui pourront consister à réexaminer les droits de l'intéressé à cet avantage dans un délai déterminé ou, le cas échéant, à prendre toute mesure conservatoire utile prescrite par le juge compte tenu de l'objet du litige, du moyen retenu et de l'urgence.
19. La présente ordonnance, qui ordonne la suspension de l'exécution de la décision du 13 août 2022 de la préfète du Val-de-Marne, implique seulement qu'il soit délivré à M. A, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail, qui sera valable et renouvelée sans discontinuité jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de quinze jours.
Sur les frais du litige :
20. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
21. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État (Préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 800 euros qui sera versée à M. A, en application de ces dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision en date du 13 août 2024 par laquelle la préfète du
Val-de-Marne a refusé de renouveler le titre de séjour de M. A est suspendue.
Article 2 : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de délivrer à M. A, dans un délai de
quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 100 euros par jour de retard passé ce délai de quinze jours, une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travail, valable et éventuellement renouvelée sans discontinuité jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête en annulation enregistrée le 14 septembre 2024.
Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera à M. A la somme de 1 800 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
B : M. AymardB : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2411375
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