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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2411521

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411521

lundi 20 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411521
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la demande de M. A B qui sollicitait qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un titre de séjour. Le juge estime qu'une telle injonction ne relève pas du juge des référés, car elle se heurte à une décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant quatre mois, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La requête est donc rejetée comme mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. E A B doit être entendu comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Bobigny de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans les plus brefs délais.

Il soutient que :

- il est marié depuis le 10 mars 2022 avec Mme D, de nationalité française, et malgré la réalisation de toutes les démarches nécessaires sur le site internet " Démarches simplifiées " et sur la plateforme " Administration Numérique pour les Etrangers en France " (ANEF), il ne dispose toujours pas de titre de séjour ;

- cette situation l'empêche de travailler et de subvenir aux besoins de sa famille, de voyager et de bénéficier de la protection sociale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

" En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. D'autre part, aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Selon l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

4. M. A B, ressortissant centrafricain né le 6 novembre 1980 à Bangui (Centrafrique), marié depuis le 10 mars 2022 avec Mme C D, de nationalité française, a saisi les services de la préfecture de Seine-et-Marne d'une demande de titre de séjour par une lettre recommandée en date du 26 octobre 2022. M. A B doit être entendu comme demandant, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer le titre de séjour sollicité.

5. Toutefois, d'une part, il n'appartient pas au juge des référés d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de délivrer un titre de séjour, eu égard au caractère provisoire des mesures qu'il prononce. De plus, il ressort des dispositions précitées des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que la demande de titre de séjour que le requérant indique avoir présentée le 26 octobre 2022 auprès des services de Seine-et-Marne doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une décision implicite de rejet, née de son silence gardé pendant quatre mois. En conséquence, les conclusions du requérant fondées sur l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite. Il appartient à M. A B, s'il s'y croit fondé, de contester la légalité de cette décision par un recours en excès de pouvoir, et en parallèle de demander la suspension de son exécution par une requête distincte, fondée sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions présentées par M. A B sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A B.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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