Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411592
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411592 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, M. A C, représentée par Me Rouvet Orue Carreras, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre la décision implicite de refus de renouvellement du certificat de résidence algérien de dix ans prise par la préfète du Val-de-Marne ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de lui délivrer un certificat de résidence algérien de dix ans sur le fondement de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ou de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ou à défaut, de réexaminer sa situation administrative et lui délivrer pendant cet examen un document l'autorisation à séjourner et à travailler en France ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité algérienne, il a été titulaire d'un certificat de résidence algérien de dix ans, valable jusqu'au 11 septembre 2022, qu'il en a sollicité le renouvellement le
11 juin 2022, qu'il a eu ensuite des récépissés dont le dernier est arrivé à échéance le 28 juillet 2024 et qui n'a pas été renouvelé, malgré plusieurs demandes en ce sens.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son certificat de résidence de dix ans, et, sur le doute sérieux, que la décision de refus implicite a été prise sans consultation de la commission du titre de séjour, qu'elle est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs du 18 septembre 2024, qu'elle méconnait les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien car un certificat de résidence algérien de
dix ans est renouvelable de plein droit, et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 § 1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant, dès lors que ses enfants sont de nationalité française.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le 1er octobre 2024 afin de se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un mémoire en réplique enregistré le 30 septembre 2024, M. C, représentée par Me Rouvet Orue Carreras, conclut aux mêmes fins.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024 sous le n° 2411589, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 1er octobre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience et entendu les observations de Me Kao, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu à statuer.
Le requérant, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 8 juillet 1977 à Tlemcen, a été titulaire d'un certificat de résidence algérien de dix ans délivré par le préfet du Val-de-Marne et valable jusqu'au 12 septembre 2022. Il est le conjoint d'une ressortissante française avec qui il a eu trois en mai 2004, janvier 2006 et août 2007. Il a demandé le renouvellement de son certificat de résidence le
11 juin 2022 et a été convoqué en préfecture du Val-de-Marne le 1er février 2023 puis le
9 mars 2023, soit plus de neuf mois plus tard, pour déposer sa demande. Un récépissé lui a été délivré, valable six mois, qui n'a été renouvelé que le 20 décembre 2023 pour trois mois et le
29 avril 2024 pour trois mois également, sans être renouvelé, malgré une demande en ce sens. Son contrat de travail avec la société " Ineo " d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) a été suspendu. Estimant s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande à la date du 29 juillet 2024, il en a sollicité de la préfète du Val-de-Marne la communication des motifs le 17 septembre 2024. Par une requête enregistrée le 18 septembre 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé le
1er octobre 2024 " pour se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ".
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien susvisé : " () Le certificat de résidence valable dix ans, renouvelé automatiquement, confère à son titulaire le droit d'exercer en France la profession de son choix, dans le respect des dispositions régissant l'exercice des professions réglementées. () ".
4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. C pour le 1er octobre 2024 à 14 heures " pour se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour ". Dans ces conditions, et nonobstant le caractère automatique du renouvellement du certificat de résidence algérien de dix ans détenu précédemment par lui mentionné par les stipulations rappelées au point précédent, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de
M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et au ministre de l'intérieur.
Copie sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
B : M. AymardB : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2411592
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