Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411733
mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411733 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. C A, représenté par
Me Papinot, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre la décision implicite du préfet du Val-de-Marne portant refus de délivrance de carte de résident acquise le 5 août 2024 ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une carte de résident ou à défaut, de réexaminer sa situation administrative dans le délai d'un mois suivant la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de deux mois suivant la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles engagés et non compris dans les dépens sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité tunisienne, il a été reconnu réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 14 septembre 2021, qu'il a remis on acte de naissance à la préfecture le 30 novembre 2022 et obtenu un récépissé avec autorisation de travail valable jusqu'au
19 juillet 2023, qu'une décision implicite de rejet est née dont il a demandé la communication des motifs le 6 décembre 2023, par un courrier resté sans réponse, que la décision de refus de séjour a été suspendue par une ordonnance du 24 janvier 2024, qu'il n'a eu son nouveau récépissé que le
6 mai 2024 valable trois mois et qui n'a pas été renouvelé, ce qui a fait naître une nouvelle décision implicite de rejet.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il a été reconnu réfugié et, sur le doute sérieux, que la décision est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs du 6 décembre 2023 et qu'elle méconnait les dispositions de l'article L. 424-1 et
R. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoqué le
1er octobre 2024 afin de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024 sous le n° 2411623, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 1er octobre 2024, présenté son rapport en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience et entendu les observations de Me Kao, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu à statuer.
Le requérant, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 24 janvier 2024, le juge des référés du présent tribunal a, d'une part, suspendu l'exécution de la décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne a la demande de délivrance d'une carte de résident déposée par M. A, ressortissant tunisien né le
20 décembre 1998, reconnu réfugié par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du
14 septembre 2021, et, d'autre part, enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande et de prendre une nouvelle décision dans le délai de quinze jours. La préfète n'a exécuté cette ordonnance que le 6 mai 2024, soit plus de trois mois plus tard, date à laquelle elle lui a remis un récépissé de demande de titre de séjour valable trois mois, qui n'a pas été renouvelé. M. A a donc considéré qu'il s'était à nouveau vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande de carte de résident. Par une requête enregistrée le 19 septembre 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé le 1er octobre 2024 à 15 heures " pour renouveler son récépissé de demande de carte de séjour ".
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel la qualité de réfugié a été reconnue en application du livre V se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans ". Aux termes de l'article R. 424-1 du même code : " Le préfet procède à la délivrance de la carte de résident prévue aux articles L. 424-1 ou L. 424-3 dans un délai de trois mois à compter de la décision de reconnaissance de la qualité de réfugié par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile. () ".
4. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A pour le 1er octobre 2024 à 14 heures " pour renouveler son récépissé de demande de carte de séjour ". Dans ces conditions, et nonobstant le caractère de plein droit de la délivrance d'une carte de résident à un réfugié dans un délai de trois mois en application des dispositions rappelées au point précédent, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et au ministre de l'intérieur.
Copie sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
B : M. AymardB : O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2411733
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