Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411740

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411740
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour. Le juge a estimé que cette demande était dépourvue d'utilité, car la demande de titre de séjour de M. A, déposée en février 2024, avait fait l'objet d'une décision implicite de rejet au terme du délai de quatre mois prévu par les articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En conséquence, la délivrance d'un récépissé ferait obstacle à l'exécution de cette décision de rejet. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024, M. C A, représenté par Me Marneau, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui donner un rendez-vous pour le dépôt de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour et la délivrance d'un récépissé ou à tout le moins d'une attestation constatant ses droit, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il est entré en France en 2017 à l'âge de 13 ans, avec sa mère ; il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour par formulaire déposé par son conseil le 16 février 2024, reçu le 21 février par la préfecture de Seine-et-Marne conformément à la procédure prescrite par l'autorité préfectorale, en annexant l'ensemble des pièces requises à l'examen de sa situation ; il ne s'est vu délivré aucun récépissé en dépit des nombreuses relances adressées par son conseil ;

- la condition d'urgence est remplie puisque l'inertie de la préfecture l'empêche de poursuivre sa formation professionnelle et donc de travailler, ce qui le prive de toute ressource, et qu'elle l'expose à un risque d'éloignement du territoire français ce qui porterait une grave atteinte au respect de sa vie privée et familiale ;

- la mesure sollicitée est utile pour préserver ses droits et sa situation ;

- elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il résulte des pièces jointes à la requête que M. A a, conformément aux prescriptions préfectorales édictées par arrêté du 17 août 2021 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture de Seine-et-Marne pris sur le fondement de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, présenté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de sa vie privée et familiale par courrier du 16 février 2024, dont la préfecture a accusé réception le 21 février 2024. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par le préfet de Seine-et-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois. Par suite, la demande de rendez-vous en préfecture pour le dépôt de cette demande de titre de séjour ne revêt le caractère d'aucune utilité et la demande de délivrance d'un récépissé ou d'une attestation de maintien de droits est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet qui a mis fin à l'instruction de la demande de M. A. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A doivent en conséquence être rejetées.

3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B.

Fait à Melun, le 21 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,