Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411773
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411773 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 septembre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 6 octobre 2024, Mme A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative et dans le dernier état de ses écritures, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou de lui remettre un document lui permettant de conserver ses droits après le 7 octobre 2024, date de fin de validité de l'attestation de prolongation d'instruction qui lui a été délivrée et de régularité de son séjour, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Mme B soutient que :
- elle est titulaire d'une carte de séjour temporaire en qualité de parent d'enfant français, dont la validité est expirée depuis le 31 juillet 2024 ; elle a demandé le renouvellement de ce titre de séjour auprès de la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne, par le site ANEF, le 26 avril 2024 ; elle a produit le dernier document complémentaire qui lui a été demandé le 21 juin 2024 ; par mail du 5 juillet 2024, elle a été invitée à télécharger l'attestation de prolongation d'instruction qui lui a été délivré et dont la validité expire le 7 octobre 2024 ;
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'à la suite d'une formation professionnelle débutée en octobre 2023 et l'obtention de son diplôme, l'institut Gustave Roussy qui l'a formée en alternance a décidé de la recruter en contrat à durée déterminée et son contrat de travail a été prolongé jusqu'au 9 décembre 2024, que les diligences qu'elle a effectuées auprès de la sous-préfecture de Nogent-sur-Marne sont toutes restées vaines et que l'attestation de prolongation d'instruction dont elle dispose expire le 7 octobre 2024 ;
- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
2. En vertu des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dont il résulte qu'il ne peut ordonner que des mesures provisoires, le juge des référés ne saurait enjoindre à l'autorité préfectorale de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.
3. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme B a pu effectivement présenter sa demande d'admission au séjour le 25 avril 2024 ainsi qu'il résulte de l'attestation de confirmation du dépôt d'une demande de titre de séjour versée au dossier. Il ne résulte pas de l'instruction que le dossier ainsi présenté aurait été incomplet, en dépit de la demande de pièce complémentaire dont fait état la requérante, sans apporter aucune précision sur la nature de cette pièce. Au demeurant, la requérante s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction valable du 8 juillet au 7 octobre 2024, un tel document étant, en vertu de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, délivré lorsque la demande de renouvellement d'un titre de séjour a été présentée par téléservice dans les délais requis et à l'appui d'un dossier complet. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par l'autorité préfectorale à l'issue d'un délai de quatre mois, soit le 25 août 2024. Par suite, la demande de renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B doivent en conséquence être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera transmise à la préfète du Val-de-Marne.
Fait à Melun, le 15 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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