Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411802
lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2024, Mme A D C, représentée par Me Rosin, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre l'exécution de la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement refusé de lui renouveler son titre de séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande dans un délai de
7 jours sous astreinte de 300 euros par jour de retard et de la munir d'un document provisoire de séjour assorti d'une autorisation de travail dans un délai de 48 heures et ce sous astreinte de
300 euros par jour de retard, ce jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa demande ou jusqu'à l'intervention du jugement au fond ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 3 000 euros à son conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et prévoir, en cas de non-admission définitive à l'aide juridictionnelle, que cette somme lui sera directement versée en application du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, de nationalité éthiopienne, elle a deux enfants nés de son union avec un ressortissant français, qu'elle a eu dernièrement une carte de séjour pluriannuelle de deux ans valable jusqu'au 12 octobre 2023, qu'elle en a demandé le renouvellement mais n'a reçu qu'une attestation de dépôt ne l'autorisant pas à travailler, mais aucune attestation de prolongation d'instruction malgré de nombreuses demandes en ce sens, qu'une attestation ne lui a été délivrée que le 21 juin 2024 à la suite d'une précédente requête en référé-suspension, qu'elle était valable trois mois et n'a pas été renouvelée.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour et est la mère de deux enfants de nationalité française, et, sur le doute sérieux, que la décision en cause n'est pas motivée, qu'elle méconnait les dispositions des articles L. 423-7, L. 423-8 et L. 423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 octobre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée bénéficiant d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 2 janvier 2025.
Par un mémoire en réplique enregistré le 8 octobre 2024, Mme C, représentée par
Me Rosin, indique se désister de ses demandes sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative mais maintenir celles au titre des frais irrépétibles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret
n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 20 juin 2024 sous le n° 2407561, Mme C a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 8 octobre 2024, tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me El Assaad, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui prend acte du désistement de la requérante.
La requérante, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante éthiopienne née le 6 octobre 1991 à Addis Abeba, a bénéficié de titres de séjour en qualité de mère d'enfants français délivrés par le préfet du
Val-de-Marne, régulièrement renouvelés jusqu'au 12 octobre 2023. Le 9 août 2023, elle a présenté une demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle mention " vie privée et familiale " sur la plateforme " Démarches simplifiées " de la préfecture du Val-de-Marne, puis le
4 octobre 2023 sur celle de l'Administration numérique pour les étrangers en France. Mme C a été informée le 7 février 2024 de la clôture de sa demande, qu'elle a de nouveau présentée le
14 février suivant. Elle n'a eu aucune réponse de la préfecture du Val-de-Marne et a considéré que sa demande avait été implicitement rejetée. Par deux requêtes enregistrées le 20 juin 2024, elle a demandé au tribunal d'une part l'annulation de cette décision et d'autre part la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à sa disposition une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 20 septembre 2024, et Mme C s'est désistée de sa demande en référé. Son attestation n'a toutefois pas été renouvelée. Considérant la décision implicite de rejet remise en vigueur du fait de l'absence de renouvellement de cette attestation, elle demande à nouveau, par sa requête enregistrée le 24 septembre 2024, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à sa disposition une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 2 janvier 2025.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du
28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
4. Par son mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2024, Mme C, représentée par Me Rosin, a déclaré se désister des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Rien ne s'oppose à ce qu'il lui en soit donné acte.
Sur les frais irrépétibles :
5. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
6. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à
celle-ci () ".
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Rosin, conseil de Mme C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressée, cette somme lui sera versée directement.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte à Mme C de son désistement des conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à Me Rosin, conseil de Mme C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celui-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée à l'intéressé, cette somme lui sera versée directement.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D C, à Me Rosin, et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
B : M. AymardB : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2411802
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