Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411880
lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411880 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour, dans un délai de 48 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
M. B soutient que :
- il est entré en France en septembre 2021 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour portant la mention " étudiant " ; il a obtenu un titre de séjour en cette même qualité valable du 18 août 2022 au 17 août 2023 ; il en a demandé le renouvellement le 25 mai 2023 afin de pouvoir anticiper sa soutenance de master qui a eu lieu en septembre 2023 ; une prolongation lui a été accordée jusqu'au 17 novembre 2023, mais la préfecture de Nanterre a clos sa demande de titre de séjour le 6 juin 2023 en l'invitant à formuler sa demande en joignant une inscription universitaire pour l'année 2023-2024 ; le 26 octobre 2023, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour auprès de la préfecture du Val-de-Marne sur la plateforme ANEF, sans obtenir de réponse en dépit de ses relances ;
- la condition d'urgence est remplie au regard de la situation de précarité dans laquelle il est placée, faisant obstacle à la poursuite de ses études et de sa carrière, portant atteinte à sa liberté d'aller et venir et méconnaissant l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que M. B a pu effectivement présenter sa demande de renouvellement de son titre de séjour étudiant le 26 octobre 2023 ainsi qu'il résulte de l'attestation de confirmation du dépôt d'une demande de titre de séjour versée au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de trois mois, qui a expiré avant même que l'administration ne fasse parvenir une demande de pièces complémentaires à l'intéressé ou, si l'on prend en compte la demande de pièce complémentaire formulée le 18 juin 2024 à laquelle le requérant a répondu le même jour, le 19 septembre 2024. Cette décision implicite de rejet a mis fin à l'instruction de la demande de M. B et la demande de délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision ;Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. B doivent en conséquence être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Melun, le 21 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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