Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411892

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411892
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Refus de renouvellement de carte professionnelle. Tribunal administratif de Melun. Rejet de la demande de suspension. Le juge des référés a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence de l'auteur de l'acte, irrégularité de la procédure de consultation du TAJ, erreur d'appréciation) n'était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision du CNAPS. Application des articles L. 521-1 du code de justice administrative et L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 25 septembre et 8 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Da Luz Sousa, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 29 juillet 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a refusé le renouvellement de sa carte professionnelle ;

2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer, à titre provisoire, une nouvelle carte professionnelle valable jusqu'au jugement de sa requête en annulation de la décision en litige ;

3°) de mettre à la charge de l'État du CNAPS la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.

Vu :

-la requête n° 2411989 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

-les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code de la sécurité intérieure ;

-le code de procédure pénale ;

-le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Le rapport de M. Zanella a été entendu au cours de cette audience, tenue le 9 octobre 2024 à 10h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

2. M. A, qui est employé comme convoyeur de fonds sous contrat de travail à durée indéterminée depuis le 22 janvier 2002, s'est vu refuser le renouvellement de la carte professionnelle mentionnée à l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure par une décision du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du

29 juillet 2024. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution de cette décision sur le fondement des dispositions citées au point précédent. À cette fin, il fait valoir que cette décision a, en premier lieu, été prise par une autorité incompétente, dès lors qu'il n'est pas établi que M. C avait régulièrement reçu délégation du directeur du CNAPS à l'effet de la signer, qu'elle est, en deuxième lieu, intervenue au terme d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'est pas établi que l'agent qui a consulté les données à caractère personnel figurant, en ce qui le concerne, dans le traitement d'antécédents judiciaires (TAJ) avait été, conformément aux dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, individuellement désigné et spécialement habilité à cet effet par le directeur général de la police nationale, et qu'elle est, en dernier lieu, entachée d'une erreur d'appréciation de la compatibilité de son comportement ou de ses agissements avec l'exercice de l'activité mentionnée au 2° de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure et méconnaît ainsi le dispositions de l'article L. 612-20 (2°) du même code. En l'état de l'instruction, aucun de ces moyens ne paraît toutefois propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de ladite décision.

3. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction et celles relatives aux frais liés au litige.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Fait à Melun, le 29 octobre 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,