Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411941
lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411941 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 septembre 2024, Mme A B, représenté par Me Raveendran, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valant autorisation provisoire de séjour, autorisation de voyage et autorisation de travail, sous astreinte de 200 euros par jour de retard après la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Mme B soutient que :
- elle est entrée en france le 6 décembre 2017 et y réside depuis cette date ; le 3 novembre 2022 elle a déposé en ligne, selon la procédure dématérialisée un dossier complet de demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de parent d'un enfant français ; le 30 mars 2023 elle a obtenu un rendez-vous en préfecture au cours duquel elle a été mise en possession d'un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois ; avant l'expiration de ce récépissé elle a répondu aux demandes de pièces prétendument manquantes que lui a adressées la préfecture ; le 31 août 2023, elle a en sollicité le renouvellement de son récépissé, sans obtenir de réponse en dépit de ses différentes relances ;
- la condition d'urgence est remplie eu égard à la durée de son séjour en France, à sa qualité de parent d'un enfant français dont elle assume quasi-exclusivement la charge, du délai écoulé depuis le dépôt du dossier complet de sa demande de titre de séjour, du caractère vain de ses multiples relances, et de la prolongation de sa situation de précarité pendant une durée anormalement longue, alors qu'elle n'a plus de ressources, qu'elle ne peut solliciter la reprise des aides sociales qui ont été suspendues et qu'elle est mère isolée de trois enfants en bas âge à sa charge et qu'elle risque de perdre le bénéfice de sa formation ;
- la mesure sollicitée est utile pour préserver ses droits ;
- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Il ressort des écritures et des pièces jointes à la requête que Mme B a pu effectivement présenter sa demande d'admission au séjour en qualité de parent d'un enfant français le 30 mars 2023 ainsi qu'il résulte du récépissé de demande de titre de séjour versée au dossier. En vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, cette demande doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la préfète du Val-de-Marne à l'issue d'un délai de quatre mois, sans qu'y fasse obstacle les demandes de pièces formulées par l'administration, qui ont été adressées à la requérante après l'expiration de ce délai. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour, valant autorisation de travail et de voyage, est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision implicite de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par Mme B doivent en conséquence être rejetées, sans qu'il soit besoin d'accueillir la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que Mme B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Fait à Melun, le 21 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé : C. Ledamoisel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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