Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411957

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411957
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A, réfugié, qui demandait la délivrance d'un titre de séjour ou d'un récépissé. Le juge rappelle qu'il ne peut enjoindre la délivrance d'un titre de séjour, mesure non provisoire. Il estime également que la demande de récépissé ferait obstacle à l'exécution des décisions implicites de rejet nées du silence de l'administration sur ses demandes, en application des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Ahmadi, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour, dans un délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, subsidiairement de lui remettre un récépissé ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- il a obtenu le statut de réfugié en France en 2022, et y a établi sa vie professionnelle et familiale ; le 12 décembre 2022, il a déposé une demande de titre de séjour auprès des services de la préfecture du Val-de-Marne, qui lui a délivré plusieurs récépissés, les derniers datant du

29 janvier 2024, avec une date d'expiration au 28 avril 2024, et du 7 mai 2024 avec une date d'expiration au 6 août 2024 ; depuis, il ne dispose plus de document justifiant de la régularité de son séjour, en dépit des relances effectuées ;

- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'il se retrouve indument en situation irrégulière, qu'il ne pourra plus exercer son activité professionnelle alors qu'il dispose d'un contrat à durée indéterminée, qu'il ne peut ni voyager ni se rendre à l'étranger, qu'un délai anormalement long s'est écoulé depuis sa demande de titre de séjour, auquel il est éligible de plein droit en sa qualité de réfugié ;

- la mesure sollicitée ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative :

- elle est utile à la préservation de ses droits.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

2. En vertu des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative, dont il résulte qu'il ne peut ordonner que des mesures provisoires, le juge des référés ne saurait enjoindre à l'autorité préfectorale de délivrer un titre de séjour à un ressortissant étranger. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre ne peuvent en conséquence qu'être rejetées.

3. Par ailleurs, il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de prolongation d'instruction jointes à la requête, que M. A a déposé des demandes de carte de séjour le

12 décembre 2022, le 29 janvier 2024 et le 7 mai 2024. A supposer même que ces demandes aient été complètes, elles doivent, en vertu des dispositions combinées des articles R. 431-12, R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à défaut de décision explicite prise dans ce délai, être regardées comme ayant été implicitement rejetées par l'autorité préfectorale à l'issue d'un délai de quatre mois, qui étaient tous expirés à la date d'enregistrement de la requête. Par suite, la demande de délivrance d'un récépissé est de nature à faire obstacle à l'exécution de des décisions implicites de rejet. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées à ce titre par M. A doivent en conséquence être rejetées.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. A présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 28 novembre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,