jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411980 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre Éloignement 12 |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. B A, représenté par Me de Seze demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 13 septembre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin à ses conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir sous une astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- la décision attaquée a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que sa vulnérabilité n'a pas été évaluée et qu'il n'est pas établi que l'agent ayant procédé à l'entretien ait bénéficié d'une formation spécifique ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'a pas été informé de la possibilité de bénéficier d'un examen de santé gratuit et a été privé d'une garantie ;
- elle est illégale par exception d'illégalité de l'arrêté du 23 octobre 2015 relatif au questionnaire de détection des vulnérabilités des demandeurs d'asile ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'a commis aucun manquement de nature à justifier la cessation des conditions matérielles d'accueil ; la matérialité des faits qui lui sont reprochés est contestée dès lors qu'il n'a reçu aucune convocation ; en tout état de cause, le fait de ne pas se présenter à un entretien n'est pas constitutif d'un non-respect des exigences imposées aux demandeurs d'asile ;
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne peut être considéré comme étant une autorité chargée de l'asile au sens de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle ne module pas les effets de la cessation des conditions matérielles d'accueil ; le choix de faire cesser les conditions matérielles d'accueil est disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au non-lieu à statuer et au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le bénéfice des conditions matérielles d'accueil lui a été rétabli par une décision du
10 octobre 2024 et ce de manière rétroactive à compter du 27 septembre 2024 ;
- la décision était légale dès lors que le requérant ne s'est pas présenté aux entretiens du 18 juillet 2024, 22 août 2024 et 24 septembre 2024.
Par un mémoire en réplique enregistré le 25 octobre 2024, M. A, représenté par Me De Seze maintient ses conclusions.
Il prend acte du rétablissement des conditions matérielles d'accueil mais soutient que l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas retiré sa décision, dès lors que la date de rétablissement des conditions matérielles d'accueil est le 27 septembre 2024 alors que la cessation de celles-ci date du 13 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Senichault de Izaguirre, conseillère, en application des articles L. 555-1 et L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, de nationalité pakistanaise, a présenté une demande d'asile le 24 novembre 2022 et s'est vu octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil par une décision du même jour. Par une décision du 13 septembre 2024, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de l'intéressé au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision du 13 septembre 2024.
Sur l'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
4. Il n'est pas contesté que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rétabli les conditions matérielles d'accueil de M. A par une décision du 10 octobre 2024 et ce de manière rétroactive à compter du 27 septembre 2024. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la décision du 13 septembre 2024 portant cessation des conditions matérielles d'accueil a reçu exécution. Il s'ensuit que les conclusions tendant à son annulation conservent leur objet. L'exception de non-lieu à statuer opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () / La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la situation particulière et la vulnérabilité de la personne concernée. / Dans les cas prévus aux 1° à 3° de l'article L. 551-16, elle ne peut être prise que dans des cas exceptionnels. / Cette décision prend effet à compter de sa signature. ".
6. Pour mettre fin aux conditions matérielles d'accueil du requérant, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a considéré que M. A ne s'était pas présenté aux entretiens prévus dans le cadre de l'examen de sa demande d'asile le 18 juillet 2024, 22 août 2024 et
24 septembre 2024 pour se voir remettre sa nouvelle carte pour le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, et entrait ainsi dans le cas prévu au 3° de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. S'il est constant que M. A n'a pas répondu à ces convocations, ce dernier soutient ne pas avoir été convoqué à ces trois rendez-vous. Si l'Office français de l'immigration et de l'intégration fait valoir qu'il a convoqué l'intéressé, par message téléphonique, la seule production d'une copie d'écran d'un logiciel de gestion du dossier de l'intéressé qui indique qu'un agent a convoqué M. A à la session renouvellement ou remise de carte de l'allocation pour demandeur d'asile du 18 juillet, 22 août et 24 septembre, ne permet pas d'établir que ce dernier aurait été effectivement convoqué à ces rendez-vous. Dans ces conditions, il n'est pas établi que M. A aurait méconnu ses obligations de présentation auprès des autorités chargées de l'asile. Par suite, M. A est fondé à soutenir que la décision attaquée s'appuie sur des faits non matériellement établis.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 septembre 2024.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Il résulte de l'instruction que, le 10 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rétabli les conditions matérielles d'accueil au bénéfice de M. A à compter du 27 septembre 2024. Dès lors, il n'y a plus lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de délivrer à l'intéressé les conditions matérielles d'accueil.
9. Toutefois, et eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir les conditions matérielles d'accueil du requérant à compter du 13 septembre 2024, date de la décision portant cessation des conditions matérielles d'accueil, et ce dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me De Seze à percevoir la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à Me De Seze de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéficie de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 13 septembre 2024 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. A à compter du 13 septembre 2024, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me De Seze renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Office français de l'immigration et de l'intégration versera à Me De Seze la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me De Seze et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé : J. Senichault de IzaguirreLa greffière,
Signé : S. Aït Moussa
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
S. Aït Moussa
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026