Le Tribunal administratif de Melun, statuant par ordonnance, rejette la requête de M. A... B... qui contestait une obligation de quitter le territoire français (OQTF). La juridiction a jugé le recours manifestement irrecevable car le requérant n'a pas joint à sa demande la décision attaquée, malgré une mise en demeure de régularisation. Cette solution est fondée sur les articles R. 421-1 et R. 412-1 du code de justice administrative, permettant le rejet sans instruction au titre de l'article R. 222-1 du même code.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 septembre 2024, M. A... B..., représenté par Me Ahmad, demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du préfet de police de Paris l’obligeant à quitter le territoire français ;
2°) d’enjoindre à l’administration de réexaminer sa situation.
Vu :
- la lettre du 28 octobre 2024 adressée par le greffe du tribunal à M. A... B... l’invitant à régulariser sa requête en produisant la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque (…) elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ».
Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…). ». Et selon l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation. (…). ». Il résulte de l’ensemble de ces dispositions qu’une requête doit être dirigée contre une décision et qu’elle est irrecevable et peut être rejetée sans instruction contradictoire si le demandeur n’a pas joint une copie de cette décision et n’a pas donné suite à la demande de régularisation qui lui a été adressée en ce sens.
Enfin, aux termes de l’article R. 611-8-6 de ce code : « Les parties sont réputées avoir reçu la communication ou la notification à la date de première consultation du document qui leur a été adressé par voie électronique, certifiée par l'accusé de réception délivré par l'application informatique, ou, à défaut de consultation dans un délai de deux jours ouvrés à compter de la date de mise à disposition du document dans l'application, à l'issue de ce délai (…) ».
Il ressort des pièces du dossier que M. A... B... n’a pas produit la décision attaquée, malgré la demande de régularisation qui a été mise à disposition sur l’application « Télérecours » le 28 octobre 2024 et dont il est réputé avoir eu communication, par l’intermédiaire de son avocat, à l’issue d’un délai de deux jours ouvrés suivant sa mise à disposition. Dans ces conditions, la requête de M. A... B..., qui n’a pas été régularisée à l’expiration du délai de quinze jours imparti, est entachée d’une irrecevabilité manifeste. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B...
Fait à Melun, le 13 février 2026.
La présidente
F. DEMURGER
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,