Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412114

vendredi 22 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412114
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Cette décision du Tribunal administratif de Melun concerne une requête en référé de Mme B, ressortissante burkinabé, demandant des mesures urgentes liées à son titre de séjour étudiant. Le juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette les conclusions restantes de la requérante. Il constate d’abord le désistement partiel de Mme B concernant l’injonction de convocation pour retrait de sa carte de séjour, déjà obtenue. Ensuite, il écarte la demande d’injonction d’instruire une future demande de titre de séjour, faute d’urgence et d’utilité démontrées. Enfin, il déclare irrecevables les conclusions indemnitaires, le juge des référés ne pouvant condamner l’administration à verser une somme d’argent.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er octobre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de la convoquer dans les quarante-huit heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, pour le retrait de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et valable jusqu'au 14 mars 2024 dont la délivrance lui a été annoncée dans une attestation de décision favorable en date du 23 août 2023 ;

2°) d'enjoindre à tout préfet territorialement compétent d'instruire sa prochaine demande de titre de séjour " malgré l'expiration du délai de 6 mois imposé par la loi " ;

3°) de condamner l'État à lui verser la somme de 1 000 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 8 novembre 2024, Mme B déclare maintenir les conclusions visées ci-dessus au 2°) et au 3°).

La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité, dès lors qu'elles excèdent la compétence du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, des conclusions tendant à la condamnation de l'État au paiement d'une somme d'argent à la requérante en réparation d'un préjudice que celle-ci estime avoir subi.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ".

Sur les conclusions à fin d'injonction de convocation pour le retrait d'un titre de séjour valable jusqu'au 14 mars 2024 :

2. Dans le dernier état de ses écritures, résultant de son mémoire complémentaire enregistré le 8 novembre 2024, Mme B, qui, de nationalité burkinabé, déclare s'être vu remettre le 5 novembre 2024 la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et valable jusqu'au 14 mars 2024 dont la délivrance lui avait été annoncée dans une attestation de décision favorable en date du 23 août 2023, maintient seulement les conclusions de sa requête tendant, d'une part, à ce qu'il soit enjoint à tout préfet territorialement compétent d'instruire sa prochaine demande de titre de séjour " malgré l'expiration du délai de 6 mois imposé par la loi ", d'autre part, à ce que l'État soit condamné à lui payer une somme d'argent en réparation d'un préjudice qu'elle estime avoir subi. Elle doit dès lors être regardée comme s'étant désistée de ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de la convoquer pour le retrait de la carte de séjour temporaire mentionnée ci-dessus. Ce désistement partiel est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur le surplus des conclusions :

3. D'une part, alors qu'aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du code de justice administrative, " la requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit [] justifier de l'urgence de l'affaire ", Mme B ne fait état, dans ses écritures, d'aucune circonstance propre à justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre à l'autorité administrative d'instruire sa prochaine demande de titre de séjour " malgré l'expiration du délai de 6 mois imposé par la loi ". Elle n'établit en outre pas, ni même n'allègue, que la prescription d'une telle injonction présenterait un caractère utile.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire []. " Il résulte tant de la mission qui lui est ainsi impartie que des termes, cités au point 1, de l'article L. 521-3 du code de justice administrative que, lorsqu'il est saisi, comme en l'espèce, sur le fondement des dispositions de cet article, le juge des référés ne peut, sans excéder sa compétence, condamner l'administration au paiement d'une somme d'argent. Les conclusions indemnitaires présentées par Mme B sont, par suite, irrecevables.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à tout préfet territorialement compétent d'instruire la prochaine demande de titre de séjour de la requérante " malgré l'expiration du délai de 6 mois imposé par la loi " et celles tendant à la condamnation de l'État au versement d'une indemnité à l'intéressée en réparation d'un préjudice que celle-ci estime avoir subi doivent être rejetées.

O R D O N N E :

Article 1er :Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de convoquer l'intéressée pour le retrait de la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " et valable jusqu'au 14 mars 2024 dont la délivrance lui a été annoncée dans une attestation de décision favorable en date du 23 août 2023.

Article 2 :Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

P. ZANELLA

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,