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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2412163

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412163

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412163
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante algérienne, qui contestait le classement sans suite de sa demande de renouvellement de son certificat de résidence de dix ans. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie, la requérante ne justifiant pas d'une situation de précarité administrative imminente, et qu'aucun des moyens soulevés, notamment la méconnaissance de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. L'ordonnance rappelle que les demandes de renouvellement de ce titre doivent être présentées par téléservice depuis le 4 juillet 2024, conformément à l'arrêté du 1er juillet 2024.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrés les 1er et 4 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Cardoso, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de renouvellement de titre de séjour, valant rejet de cette demande ou à tout le moins refus d'enregistrement ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de procéder à l'examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de sept jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros HT à verser à son conseil, ou en cas de refus d'octroi de l'aide juridictionnelle, à lui verser directement.

Elle soutient que :

- la décision de classement sans suite de sa demande de titre est assimilable à une décision de refus du renouvellement de son certificat de résidence, ou a minima à une décision de refus d'enregistrement, dès lors qu'elle a pour effet de mettre fin à l'instruction de cette demande ;

- la condition tenant à l'urgence est présumée remplie, alors en outre que la décision en litige la place dans une situation d'extrême précarité administrative et menace l'emploi qu'elle occupe au sein de la société Charleen sous contrat à durée indéterminée ;

- la décision en litige est entachée d'un défaut de motivation et d'examen de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le surplus des conclusions de la requête :

1. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. D'autre part, aux termes de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien : " Les ressortissants algériens visés à l'article 7 peuvent obtenir un certificat de résidence de

dix ans s'ils justifient d'une résidence ininterrompue de trois années () ".

3. Enfin, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France ou du livre II, tout étranger âgé de plus de dix-huit ans qui souhaite séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois doit être titulaire de l'un des documents de séjour suivants : () 3o Une carte de séjour temporaire () ". Selon l'article R. 431-2 du même code : " La demande d'un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l'immigration s'effectue au moyen d'un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté. Les catégories de titres de séjour désignées par arrêté figurent en annexe 9 du présent code ". Selon les termes du 4° de l'article 1er de l'arrêté du 1er juillet 2024 pris pour l'application de ce dernier article, les demandes de renouvellement de certificat de résidence valable dix ans prévu à l'article 7 bis de l'accord franco-algérien doivent être présentées par téléservice depuis le 4 juillet 2024.

4. Mme A, ressortissante algérienne née le 31 décembre 1984 à Blida (Algérie), entrée en France au cours de l'année 2009, a bénéficié de certificats de résidence régulièrement renouvelés jusqu'à la délivrance le 30 octobre 2014 d'un certificat de résidence d'une durée de dix ans. Le 7 août 2024, la requérante a présenté sur le site internet " Démarches simplifiées " une demande de rendez-vous pour le dépôt d'une demande de renouvellement de son titre de séjour, classée sans suite le 22 août 2024 au motif qu'elle devait être déposée sur la plateforme " Administration Numérique pour les Etrangers en France " (ANEF). Mme A a de nouveau présenté sa demande sur le site internet " Démarches Simplifiées " le 21 septembre 2024, qui a également été classée sans suite le

23 septembre 2024, pour le même motif. Mme A demande, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette dernière décision.

5. Toutefois, alors qu'il ressort des termes de la requête que la demande de renouvellement de certificat de résidence présentée par Mme A était fondée sur les stipulations de l'article 7 bis de l'accord franco-algérien, aucun des moyens soulevés par la requête n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la qualification juridique de cette décision ni de statuer sur l'urgence, que les conclusions présentées par Mme A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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