Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412500
mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2412500 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, M. A B, représenté par
Me Cissé, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) d'ordonner au ministre de l'intérieur, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de mettre fin à son maintien en zone d'attente en le laissant entrer sur le territoire français ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés pour sa défense.
Il indique que, ressortissant malien, titulaire d'un visa délivré par les autorités consulaires italiennes, il s'est présenté le 28 septembre 2024 à l'aéroport d'Orly en provenance de Bamako et qu'un refus d'entrée lui a été opposé aux motifs qu'il ne disposait pas des documents attestant du but de son voyage, ni d'un billet de retour ni de moyens de subsistance suffisants.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car il est maintenu en zone d'attente et sous le coup d'un refus d'entrée sur le territoire, et qu'il doit retourner au Mali le
8 octobre 2024, que la décision en cause n'est pas motivée, qu'elle a été prise sans qu'il soit entendu, qu'il disposait d'une personne adulte susceptible de le prendre en charge et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la Convention internationale sur les droits de l'enfant et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 28 septembre 2024, le brigadier-chef de police au poste de passage frontalier de Paris-Orly (Val-de-Marne) a refusé l'entrée sur le territoire de M. B, ressortissant malien né le 9 mars 2013 à Bamako, à l'arrivée d'un vol en provenance de cette ville, alors qu'il était muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires italiennes à Dakar (Sénégal). Il a été placé en zone d'attente et un administrateur " ad hoc " a été désigné par le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Créteil. Une audience devant le juge des libertés et de la détention de ce tribunal a été tenue le
2 octobre 2024. Par une requête enregistrée le 9 octobre 2024, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner au ministre de l'intérieur de mettre fin à son maintien en zone d'attente en le laissant entrer sur le territoire français.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article L. 341-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui arrive en France par la voie ferroviaire, maritime ou aérienne et qui n'est pas autorisé à entrer sur le territoire français peut être placé dans une zone d'attente située dans une gare ferroviaire ouverte au trafic international figurant sur une liste définie par voie réglementaire, dans un port ou à proximité du lieu de débarquement ou dans un aéroport, pendant le temps strictement nécessaire à son départ. () ". Aux termes de l'article L. 341-2 du même code : " Le placement en zone d'attente est prononcé pour une durée qui ne peut excéder quatre jours par une décision écrite et motivée d'un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire ". Aux termes de l'article L. 342-1 du même code : " Le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision de placement initiale peut être autorisé, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étranger, pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours ".
4. En l'espèce, l'intéressé est arrivé sur le territoire français le 28 septembre 2024 et a fait l'objet d'une décision de refus d'entrée et a été placé en zone d'attente. Une audience aux fins de maintien en zone d'attente s'est tenue le 2 octobre 2024 devant le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Créteil. Il en résulte que la décision contestée du
28 septembre 2024 prononçant son placement en zone d'attente pour une durée de quatre jours avait, à la date d'introduction de sa requête, le 9 octobre 2024, cessé de produire effet. La décision du juge des libertés et de la détention qui s'y est nécessairement substituée relève du seul contrôle de l'autorité judiciaire. Il suit de là que les conclusions du requérant afférentes à la décision de maintien en zone d'attente, tendant à ce qu'il y soit mis fin et à ce qu'il soit autorisé à entrer sur le territoire français, doivent être regardées comme présentées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître et, par suite, ne peuvent qu'être rejetées comme étant manifestement irrecevables.
5. Dans ces conditions, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Décisions similaires
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618596
01/09/2026
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2618522
01/09/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2604282
01/09/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2503670
01/09/2026