Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412539

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412539
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Suspension d'une décision de refus de prolongation de logement universitaire. Tribunal administratif de Melun, juge des référés. Rejet de la requête pour irrecevabilité, faute de requête distincte en annulation. Application des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, Mme B A C doit être entendue comme demandant au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'annuler la décision de rejet, en date du 6 septembre 2024 par laquelle le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Créteil a refusé d'accéder à sa demande de recours gracieux pour une année supplémentaire, soit jusqu'au 31 août 2025 dans le but de poursuivre ses études en psychologie et le temps de trouver un logement.

Elle indique qu'elle est en deuxième année de psychologie à l'université de Paris 13 et qu'elle est confrontée à son expulsion de son logement et qu'elle n'a aucune solution de relogement, ses parents étant aussi en procédure d'expulsion et résidant en province.

Elle soutient que la décision en cause est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ses efforts pour régulariser sa situation et mettrait en péril sa réussite académique et son avenir professionnel.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 6 septembre 2024, le directeur du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Créteil (Val-de-Marne) a rejeté le recours gracieux formé par

Mme A C tendant à lui permettre de résider une année supplémentaire à la résidence universitaire " Tombe Issoire " à Paris (75014), au motif qu'elle occupait ce logement depuis plus de cinq ans, y ayant été accueillie depuis le 11 octobre 2018. Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, Mme A C doit être entendue comme demandant au tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre cette décision et d'enjoindre au directeur du Centre régional des œuvres universitaires et scolaires de Créteil de lui permettre de rester une année de plus dans cette résidence.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". Il résulte de ces dispositions qu'une requête à fin de suspension est atteinte d'une irrecevabilité d'ordre public lorsque le requérant ne l'a pas introduite, par une requête distincte, de la requête à fin d'annulation ou de réformation.

3. Aux termes enfin de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

4. En l'espèce, Mme A C, qui a expressément fondé sa requête sur les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, n'établit pas avoir saisi le présent tribunal d'une demande en annulation de la décision contestée. Par suite, sa requête ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,