Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412585
mardi 12 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2412585 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2024, M. B C, représenté par Me Diarra, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre provisoirement la décision portant refus implicite de titre de séjour opposée par la préfète du Val-de-Marne ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer en préfecture pour lui délivrer un récépissé ou une attestation provisoire de séjour autorisant le travail, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, en attendant la décision du tribunal à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité congolaise (République démocratique du Congo), il est entré en France en 2001, qu'il est en couple avec une compatriote et que sa fille aînée est de nationalité française, qu'il a été titulaire d'une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 5 novembre 2023, qu'il en a demandé le renouvellement le 12 septembre 2023, qu'il s'est vu remettre un récépissé le 29 février 2024 valable six mois qui n'a pas été renouvelé malgré une demande en ce sens, qu'une décision implicite de rejet est donc née à la date du
29 août 2024.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de sa carte de séjour et, sur le doute sérieux, que la décision en cause n'est pas motivée, qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 octobre 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressé étant convoquée le
21 octobre 2024 pour se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
Par un mémoire en réplique enregistré le 20 octobre 2024, M. C, représenté par Me Diarra, prend acte de cette convocation et maintient ses demandes au titre des frais irrépétibles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 3 octobre 2024 sous le n° 2412246, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 22 octobre 2024, tenue en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Kao, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu et demande le rejet de la demande de frais irrépétibles.
Le requérant, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1 M. C, ressortissant congolais (République démocratique du Congo) né le 8 octobre 1973 à Kinshasa, entré en France selon ses dires le 8 avril 2001, a sollicité la régularisation de sa situation administrative sur le sol français. Par un arrêté du 21 octobre 2015, le préfet du Val-de-Marne a refusé de faire droit à sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. La légalité de cette décision a été confirmée par un jugement du présent tribunal du 19 juillet 2016. Cet arrêté n'a pas été exécuté. Le 14 décembre 2018, il a déposé une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 313-14 et L. 313-11 (7°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction applicable. Il faisait valoir sa vie commune avec une compatriote, en situation régulière, avec qui il avait eu deux enfants nés en juillet 2010 et janvier 2017. La situation administrative de M. C a été régularisée et il s'est vu délivrer, le 13 décembre 2019, une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " valable du 31 octobre 2019 au 30 octobre 2020, puis une seconde, valable jusqu'au 30 octobre 2021 dont il a demandé le renouvellement. Deux récépissés de demande de renouvellement lui ont été délivrés dont le dernier était valable jusqu'au 23 septembre 2022. Sans nouvelle de la production de son nouveau titre de séjour, par une requête enregistrée le
27 septembre 2022, il a demandé au juge des référés du présent tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un nouveau récépissé de demande de renouvellement de son titre de séjour. Il a été convoqué le 30 novembre 2022 afin qu'il se voit remettre un nouveau récépissé de sa demande de renouvellement de son titre de séjour. Par la suite, une nouvelle carte de séjour valable jusqu'au
5 novembre 2023 lui a été délivrée. Il en demandé le renouvellement le 12 septembre 2023 à la préfète du Val-de-Marne, qui lui a remis une " attestation justificative d'une régularité de séjour ", puis le 29 février 2024 un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois, qui n'a à son tour pas été renouvelée malgré une demande en ce sens. Considérant donc s'être vu opposer une décision de refus de délivrance de son titre de séjour, par une requête enregistrée le 3 octobre 2024, il en a demandé l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par sa requête du
11 octobre 2024, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. C le 21 octobre 2024 " afin d'obtenir un récépissé de demande de titre de séjour ".
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2 Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3 Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a convoqué
M. C, le 21 octobre 2024 à 10 heures, " afin d'obtenir un récépissé de demande de titre de séjour ". Dans ces conditions, et dans la mesure où le juge des référés ne peut statuer que par des mesures qui " présentent un caractère provisoire " en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de
M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur les frais irrépétibles :
4 Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à
M. C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiqué à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
A : M. AymardA : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2412585
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