Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412617

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412617
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par une ressortissante algérienne d'une demande d'injonction visant à obtenir l'instruction de son dossier de renouvellement de certificat de résidence et la délivrance d'une attestation de prolongation. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a mis à disposition de la requérante une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 février 2025. Le juge a constaté que cette mesure rendait sans objet les conclusions principales de la requête et a prononcé un non-lieu à statuer. Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ont été rejetées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, Madame B C épouse A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance, de mettre en instruction son dossier de renouvellement de certificat de résidence algérien, déposé le 26 juin 2024 et de lui délivrer, dans les 10 jours, une attestation de prolongation d'instruction à défaut d'une attestation de décision favorable, en application des dispositions de articles L. 911-1 du code de justice administrative et R. 311-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

2°) de condamner l'Etat en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à lui verser une somme de 500 euros pour le préjudice nouvellement subi.

Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France le 26 janvier 2022 avec un visa, qu'elle a épousé un ressortissant français le 28 février 2022 et qu'elle a obtenu un certificat de résidence en qualité de conjoint de français valable jusqu'au 24 septembre 2024, qu'elle en a demandé le renouvellement le 26 juin 2024 et qu'elle n'a eu aucune nouvelle, aucune attestation de prolongation d'instruction ne lui étant remise, que la condition d'urgence est satisfaite car elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense enregistré le 14 novembre 2024, la préfète du

Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer sur la requête, l'intéressée bénéficiant d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 février 2025.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Madame B C, ressortissante algérienne née le 6 février 1987 à El Harrach, entré en France munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Alger, a épousé, le 28 février 2022 à Saint-Maurice (Val-de-Marne) un ressortissant français. Le couple a un enfant né le 31 décembre 2022. Madame C a bénéficié d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 24 septembre 2024. Elle en a demandé le renouvellement le 26 juin 2024 sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France et n'a reçu aucune réponse, y compris après l'échéance de son certificat de résidence. Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de mettre en instruction son dossier de renouvellement de certificat de résidence algérien et de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de l'intéressée une nouvelle attestation valable jusqu'au 11 février 2025.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne a mis à la disposition de l'intéressée une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 février 2025. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme à verser à Madame B C, qui a présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Madame C sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

Article 2 : Les conclusions de Madame C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Madame B C épouse A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,