Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412918

lundi 21 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412918
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l’arrêté du préfet de Seine-Saint-Denis du 20 septembre 2024 refusant une autorisation de travail à M. A, ressortissant algérien titulaire d’un certificat de résidence étudiant. Le juge estime qu’aucun des moyens soulevés, tirés notamment de l’urgence, de la régularisation de l’offre d’emploi, des difficultés de recrutement dans le secteur ou de l’atteinte disproportionnée aux droits fondamentaux, n’est propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête est rejetée sans qu’il soit besoin de statuer sur l’urgence, sur le fondement des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision du 20 septembre 2024 par laquelle le préfet de Seine-Saint-Denis a rejeté la demande d'autorisation de travail présentée en sa faveur.

Il soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors que le refus en litige le place dans une situation de précarité conduisant à des difficultés matérielles insurmontables ;

- si la décision est fondée sur l'absence de publication de l'offre d'emploi antérieurement au dépôt de la demande d'autorisation, la situation a ensuite été régularisée par son employeur ;

- cette décision méconnaît les difficultés de recrutement dans le secteur de la gestion administrative et financière, qui souffre d'une pénurie de talents en raison de la

transformation numérique, de la complexité des normes et d'une forte concurrence sur le marché du travail ;

- elle ne tient pas compte des dérogations possibles dans des secteurs en tension ;

- il a travaillé pour la société Monoprix sur la base d'un contrat à temps partiel, dans le respect de son statut d'étudiant, la gestion des autorisations de travail relevant de la responsabilité du seul employeur ;

- le maintien de la décision en litige porterait une atteinte disproportionnée à ses droits fondamentaux, alors que son alternance a pris fin et qu'il maintient son activité chez Monoprix en attendant de prendre son poste chez RESPADD, ce qui lui permet de payer uniquement son loyer et une partie de ses charges.

Vu :

- la requête enregistrée le 11 octobre 2024 sous le n° 2412638 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Selon l'article L. 522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

2. M. A, ressortissant algérien né le 12 décembre 1998 à Arreridj (Algérie), actuellement titulaire d'un certificat de résidence mention " étudiant " délivré le 16 avril 2024 pour une durée d'un an, a bénéficié d'une promesse d'embauche en qualité de gestionnaire administratif et financier sous contrat à durée indéterminée, à compter du 1er octobre 2024, par l'association Réseau de Prévention des Addictions (RESPADD). Le 24 août 2024, cette dernière a déposé une demande d'autorisation de travail en sa faveur sur la plateforme interrégionale de la main d'œuvre étrangère, rejetée par une décision du préfet de la

Seine-Saint-Denis du 20 septembre 2024. M. A demande, sur le fondement de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.

3. Toutefois, aucun des moyens soulevés par la requête n'est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du préfet de la Seine-Saint-Denis du 20 septembre 2024.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, que la requête présentée par M. A doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

La juge des référés,

Signé : C. Letort

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,