Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412920

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412920
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12ème chambre, éloignement
Avocat requérantCENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Obligation de quitter le territoire français sans délai, interdiction de retour de 24 mois. Tribunal administratif de Melun. Rejet de la requête. Application de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 octobre 2024, M. A se disant Abdou Ziani, représenté par Me Bousquet, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 octobre 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et l'a interdit de retour pour une durée de 24 mois ;

2°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

M. A se disant Ziani doit être regardé comme soutenant que la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît son droit au respect de sa vie privée et familiale.

La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas présenté de mémoire en défense mais qui a communiqué des pièces enregistrées le 8 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Binet ;

- et les observations de Me Bousquet, représentant M. A se disant Ziani, absent ;

Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée dans les conditions prévues à l'article R.922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. M. A se disant Ziani, ressortissant algérien, déclarant être entré sur le territoire français en 2022, a été interpelé pour des faits de vol aggravé et placé en garde à vue. Par arrêté du

3 octobre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai en application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé une interdiction de retour pour une durée de vingt-quatre mois. M. A se disant Ziani demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 3 octobre 2024.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". M. A se disant Ziani a bénéficié à l'audience de l'assistance d'un avocat commis d'office. Il n'y a donc pas lieu de prononcer l'admission provisoire de l'intéressé à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. Aux termes de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

4. M. A se disant Ziani fait valoir, au cours de son audition en garde à vue le

3 octobre 2024, qu'il serait père de deux enfants dont il a la charge. Toutefois, il ne présente aucun document de nature à confirmer ses déclarations, et compte-tenu de son entrée récente sur le territoire français, il ne peut être regardé comme ayant en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Dans ces conditions, M. A se disant Ziani n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A se disant Ziani n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 3 octobre 2024, par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de 24 mois.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A se disant Ziani est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Abdou Ziani et au préfet de la

Seine-Saint-Denis.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

D. Binet

La greffière,

C. Mahieu La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,