Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413161

jeudi 12 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413161
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la requête de l'association "Agir ensemble pour nos droits" qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la communication de documents judiciaires et de coordonnées d'avocats. Le juge a estimé que la demande ne présentait pas de caractère d'urgence et qu'elle se rattachait manifestement à des procédures judiciaires, échappant ainsi à la compétence de la juridiction administrative. En conséquence, la requête a été jugée manifestement mal fondée et rejetée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 septembre 2024, l'association Agir ensemble pour nos droits demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, de produire la décision du tribunal judiciaire de Créteil à laquelle la décision n° 2021/044212 du tribunal judiciaire de Paris fait référence et de communiquer immédiatement les coordonnées de l'avocat réclamées à la SCP Hélène Didier et François Pinet, avocats au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures (.) ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. D'une part, l'association requérante ne justifie pas être dans l'impossibilité de solliciter elle-même au garde des sceaux, ministre de la justice, ou aux tribunaux judiciaires de Créteil ou de Paris ou d'obtenir de ces autorités administratives et judiciaires la transmission de la décision du tribunal judiciaire de Créteil à laquelle la décision n° 2021/044212 du tribunal judiciaire de Paris fait référence ou les coordonnées dont elle demande la communication.

3. D'autre part, le juge administratif ne peut être saisi d'un pourvoi tendant à la mise en œuvre de l'une des procédures régies par le livre V du code de justice administrative que pour autant que le litige principal auquel se rattache ou est susceptible de se rattacher la mesure d'urgence qu'il lui est demandé de prescrire, n'échappe pas manifestement à la compétence de la juridiction administrative.

4. Il apparaît manifeste que la demande de l'association Agir ensemble pour nos droits se rattache à des procédures judiciaires.

5. Dans ces conditions, l'association requérante ne justifie d'aucune situation d'urgence qui nécessiterait l'intervention du juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et présente une requête est manifestement mal fondée, qu'il y a par suite lieu de la rejeter par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de l'association Agir ensemble est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association Agir ensemble pour nos droits.

Fait à Melun, le 12 décembre 2024.

La présidente,

Signé : C. LEDAMOISEL

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,