Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413228

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413228
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) du 26 septembre 2024, qui avait infligé à la société AOL Sécurité Privée une interdiction d’exercer de 36 mois et une pénalité de 25 000 euros. Le juge estime que les moyens soulevés, notamment l’irrégularité de la convocation par courriel et la contestation des faits, ne sont pas assortis de commencement de preuve et ne créent pas de doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d’urgence n’est pas examinée. La requête est rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2024, présentée par Me Hamani, la société par actions simplifiées AOL Sécurité Privée, représentée par son président en exercice, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de la commission de discipline du Conseil national des activités privées de sécurité du 26 septembre 2024 prononçant à son encontre une interdiction d'exercer toute activité privée de sécurité pour une durée de trente-six mois et une pénalité financière d'un montant de 25 000 euros ;

2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité de réhabiliter son agrément ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est remplie dès lors qu'elle a mis un terme à ses contrats dès qu'elle a eu connaissance de la décision, qu'elle ne dispose ni de trésorerie pour maintenir son activité, ni de réserve et qu'elle emploie 46 salariés qu'elle sera dès lors contrainte de licencier ;

- il existe en outre, en l'état de l'instruction, des moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée dès lors qu'elle a été convoquée à la commission de discipline par un simple courriel et qu'elle conteste fermement les faits qui lui sont reprochés.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 24 octobre 2024 sous le numéro 2413226 par laquelle AOL Sécurité privée demande l'annulation de l'arrêté attaqué.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par la présente requête, la société par actions simplifiées Aol Sécurité privée, dont le siège est à Alfortville, demande au juge des référés, statuant pas application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision de la commission de discipline du Conseil national des activités privées de sécurité du 26 septembre 2024 prononçant à son encontre une interdiction d'exercer toute activité privée de sécurité pour une durée de trente-six mois et une pénalité financière d'un montant de 25 000 euros.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Au cas particulier, la société Aol Sécurité privée soutient que la décision du 26 septembre 2024 par laquelle la commission de discipline du Conseil national des activités privées de sécurité lui a infligé une interdiction d'exercer toute activité privée de sécurité pour une durée de trente-six mois ainsi qu'une pénalité financière d'un montant de 25 000 euros, est illégale dès lors que la convocation à la séance de cette commission lui a été adressée par un simple courriel et qu'elle conteste les faits qui lui sont reprochés. Toutefois ces moyens, qui ne sont étayés par aucun commencement de preuve, ne sont pas propres à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition de l'urgence est remplie au sens de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qu'il y a lieu de rejeter la requête dans son ensemble par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de AOL Sécurité privée est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société AOL Sécurité Privée.

Fait à Melun, le 25 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé : I. Billandon

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,