Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413300
mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2413300 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2024, M. A, représenté par Me Radhoini, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité :
1°) de suspendre la décision implicite de refus de délivrance d'un récépissé du
15 octobre 2024 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val de Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour avec autorisation de travail dans le délai de dix jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et à défaut de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de dix jours, sous une astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
Il soutient que :
- il a déposé un dossier complet de demande de titre de séjour à la préfecture le
15 octobre 2024 sur le fondement de l'article 6 de l'accord franco-algérien mais ne s'est vu remettre qu'une attestation de dépôt et non un récépissé de demande de titre de séjour ;
- alors qu'il justifie de dix années de présence en France et peut obtenir un certificat de résidence algérien de plein droit et qu'il n'a jamais troublé l'ordre public il est exposé à une mesure d'éloignement ;
- la condition d'urgence est satisfaite car il est maintenu en situation irrégulière ;
- sur le doute sérieux, la décision contestée méconnait les dispositions de l'article
R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 26 octobre 2024 sous le n°2413324, M. A a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné Mme Gougot,
vice-présidente, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Par ailleurs, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. M. A, ressortissant algérien qui déclare être entré irrégulièrement en France le 1er avril 2012 et s'y être maintenu depuis cette date a déposé le 15 octobre 2024 auprès de la préfecture du Val-de-Marne une demande de certificat de résidence algérien en se prévalant de sa présence sur le territoire national depuis plus de dix ans. Il demande la suspension de l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Val-de-Marne a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
4.Pour soutenir que la condition d'urgence posée par l'article L. 521-1 du code de justice administrative précité serait remplie, M. A se prévaut du risque d'éloignement auquel l'expose le défaut de remise d'un récépissé. Toutefois, si un tel argument est de nature à caractériser l'illégalité de la décision en litige, il ne permet pas à lui seul de caractériser l'atteinte grave et immédiate qui serait portée à la situation personnelle du requérant, qui n'apporte aucune précision sur son parcours personnel, familial ou professionnel depuis cette date, et doit être regardé comme s'étant maintenu en situation irrégulière pendant plusieurs années jusqu'au dépôt de sa demande de titre. Par ailleurs, si M. A soutient qu'il justifie de dix années de présence en France et pourrait à ce titre obtenir un certificat de résidence algérien, le fait de remplir, le cas échéant, les conditions pour bénéficier de plein droit d'un titre de séjour ne permet pas, à lui seul, de caractériser l'existence d'une urgence. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension immédiate de la décision implicite de refus de délivrer à M. A un récépissé de demande de titre de séjour.
5.Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par M. A sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Doivent également être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du Val-de-Marne.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Le juge des référés,
Signé : I. Gougot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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