Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413353

mercredi 30 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413353
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C, ressortissante congolaise, qui demandait qu’il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui fixer un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour. La requérante invoquait l’urgence en raison d’une attente de plus de deux ans. Le juge a estimé que, malgré ce délai, Mme C ne justifiait d’aucune circonstance particulière établissant une urgence justifiant la mesure sollicitée. La requête a donc été rejetée comme ne présentant pas le caractère d’urgence requis.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, Mme C, représentée par Me Miamonecka, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir afin qu'elle puisse déposer une demande de titre de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition tenant à l'urgence est remplie dès lors qu'elle attend un rendez-vous depuis plus de deux ans ;

- la politique de prise de rendez-vous en préfecture est illégale et inhumain et méconnaît le droit pour les étrangers de faire usage d'un service public et de faire valoir son droit au séjour.

La présidente du tribunal a désigné M. A, premier vice-président, pour statuer en qualité de juge des référés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner tout autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code précise que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

3. En l'espèce, Mme B, ressortissante de République du Congo, née le 12 novembre 1981, qui vivrait en France depuis 2017, selon ses déclarations, a présenté le 18 octobre 2022 une demande de rendez-vous auprès des services de la préfecture de Seine-et-Marne afin de déposer une demande de titre de séjour, à laquelle il n'a pas été répondu. Mme B demande à ce qu'il soit enjoint au préfet de Seine-et-Marne de lui donner un rendez-vous.

4. Toutefois, alors même qu'elle attend un rendez-vous depuis plus de deux ans, Mme B ne fait état d'aucune circonstance particulière justifiant de la nécessité de présenter rapidement une telle demande. Dès lors, les circonstances invoquées ne sont pas de nature à justifier de l'urgence particulière qui s'attacherait à la mesure demandée par Mme B.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme B doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C.

Le juge des référés

Signé : O. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,