Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413542
jeudi 31 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2413542 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Résumé IA
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 octobre 2024, Mme D A C demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'ordonner l'attribution immédiate d'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) à temps plein (matin et après-midi) pour son enfant B, couvrant également les temps de cantine et périscolaires, et de permettre au jeune B de bénéficier de son droit à l'éducation dans des conditions adaptées à ses besoins spécifiques, conformément à l'article
L.351-3 du code de l'éducation.
Elle soutient que :
- l'urgence est constituée dès lors que le jeune B n'a bénéficié que d'un accompagnement partiel et, depuis quelques semaines, ne bénéficie plus d'aucune AESH en raison de l'arrêt de travail de l'accompagnante qui l'assistait uniquement le matin ; il n'a jamais eu d'accompagnement l'après-midi, et est actuellement pris en charge par une nourrice, ce qui engendre des frais supplémentaires depuis 3 ans ;
- il existe une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'éducation de l'enfant, droit fondamental garanti par l'article L.111-1 du code de l'éducation ; en outre, l'absence d'un accompagnement adapté entrave directement le développement de l'enfant et aggrave son isolement scolaire à quelques mois de son entrée en CP.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Lalande, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Selon l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique ". L'article L. 522-3 dispose cependant que " lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. L'égal accès à l'instruction présente le caractère d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Toute personne justifiant au regard de sa situation personnelle, qu'il y est porté une atteinte grave et manifestement illégale du fait de la carence de l'autorité publique, peut saisir le juge des référés sur le fondement de cet article. Il lui appartient alors de faire état de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier, dans le très bref délai prévu par ces dispositions, d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Dans tous les cas, l'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 précité est subordonnée au constat que la situation litigieuse permette de prendre utilement et à très bref délai les mesures de sauvegarde nécessaires. Compte tenu du cadre temporel dans lequel se prononce le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.
3. Pour demander d'ordonner la mise en place immédiate d'un accompagnant d'élève en situation de handicap (AESH) pour son enfant, Mme A C soutient le jeune B n'a bénéficié que d'un accompagnement partiel et, depuis quelques semaines, ne bénéficie plus d'aucune AESH en raison de l'arrêt de travail de l'accompagnante qui l'assistait uniquement le matin ; qu'il n'a jamais eu d'accompagnement l'après-midi, et est actuellement pris en charge par une nourrice, ce qui engendre des frais supplémentaires depuis 3 ans. Toutefois, si
Mme A C justifie avoir adressé un courrier, reçu le 14 octobre 2024, au directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN), afin " d'appliquer la décision de la MDPH et de pourvoir, sans délai, à l'attribution d'une AESH à temps plein pour B (matin et après-midi) ", et expose que ce courrier aurait fait l'objet d'un refus, il ne peut être déduit du silence gardé par l'administration sur ce courrier, qui a été reçu quelques jours avant les vacances scolaires, qu'il ne sera suivi d'aucun effet lors de la rentrée. Dans ces conditions, alors qu'il appartient à la requérante de justifier de l'existence d'une situation d'urgence extrême, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres au cas particulier, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées, les insuffisances du rectorat de Créteil à mettre en œuvre la décision du 21 février 2023 ne suffisent pas à caractériser la situation d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure de sauvegarde soit prise dans les quarante-huit heures. Ainsi, les circonstances décrites par la requérante ne permettent pas de caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, susceptible de justifier l'intervention du juge des référés à très brève échéance, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de Mme A C.
O R D O N N E
Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D A C.
Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Créteil.
Le juge des référés,
Signé
D. LALANDE
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2413542
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